Dans la nuit du 25 au 26 août, un commando de six hommes lourdement armés a attaqué une mine chinoise à Bakel, dans l’est du Sénégal, blessant grièvement trois employés et emportant 40 millions de francs CFA. L’opération, menée avec une extrême violence, révèle les failles sécuritaires d’une zone minière stratégique et interroge sur les mesures de protection des investissements étrangers.
Une attaque méthodique et brutale
Vers 22 heures, six individus encagoulés et armés jusqu’aux dents ont fait irruption dans les locaux de l’entreprise Agro Business, située dans la forêt de Dioubéba, près de Kéniaba. Leur objectif : terroriser les employés et s’emparer des fonds disponibles. Les braqueurs ont ouvert le feu sans hésitation, atteignant trois travailleurs chinois, dont l’état de santé reste critique. Après avoir saisi 40 millions de francs CFA et quatre téléphones portables, ils ont pris la fuite en tirant en l’air, semant la panique avant de disparaître dans la forêt environnante.
Une enquête en urgence et une traque dans la forêt
Alertés par les employés survivants, les gendarmes de Bakel se sont rendus sur place pour constater les faits et ouvrir une enquête préliminaire. Une vaste opération de recherche a été lancée pour localiser les six fugitifs, dont les traces mènent vers les zones boisées environnantes. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur les pistes privilégiées, mais l’hypothèse d’une complicité locale ou d’un repli vers des zones frontalières n’est pas exclue.
Un symbole des défis sécuritaires du Sénégal oriental
Cet incident survient dans un contexte où l’exploitation minière, notamment chinoise, s’intensifie au Sénégal, attirant des convoitises. La région de Bakel, frontalière avec la Mauritanie, est réputée pour son insécurité chronique, avec des réseaux de trafics et des groupes armés actifs. L’attaque contre Agro Business pourrait ainsi refléter une montée des risques pour les entreprises étrangères opérant dans des zones reculées, où l’État peine à garantir une présence sécuritaire constante. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la réponse des autorités et la protection des autres sites miniers de la région.