La 16e édition du Salon international du tourisme et de l'hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) s'achève sur un bilan mitigé pour les professionnels présents. Si l'événement demeure une plateforme stratégique pour la promotion des savoir-faire locaux, les exposants pointent du doigt des lacunes organisationnelles et une fréquentation en dents de scie.
Des disparités dans la dynamique commerciale
Pour les artisans et transformateurs, le salon représente un test de marché crucial. Si certains, comme la promotrice de Dika Woussoulan, affichent une satisfaction liée à l'écoulement de leurs stocks, d'autres tempèrent leur enthousiasme. La fréquentation, jugée faible en semaine, a concentré l'essentiel des transactions sur le week-end, une tendance que les exposants attribuent aux contraintes professionnelles des visiteurs et à la proximité de la rentrée scolaire. Cette dépendance au calendrier hebdomadaire souligne la nécessité d'une stratégie de communication plus robuste pour attirer le public durant les jours ouvrables.
Les défis de l'infrastructure et de l'organisation
La qualité de l'accueil logistique est au cœur des préoccupations des participants. Plusieurs exposants ont rapporté des défaillances récurrentes concernant l'éclairage des pavillons et la gestion de la climatisation, des éléments pourtant essentiels pour garantir le confort des visiteurs et la préservation des produits. Si des efforts ont été notés sur l'entretien des sanitaires par rapport aux éditions précédentes, les professionnels appellent à une meilleure maîtrise des aléas techniques pour les prochaines éditions, afin de ne pas pénaliser l'attractivité des stands.
Le coût de participation face à la rentabilité
Au-delà des aspects techniques, la question financière reste centrale pour les acteurs venus des régions, notamment ceux de Bobo-Dioulasso ou de zones rurales. Le coût des stands, cumulé aux frais de déplacement et d'hébergement, pèse lourdement sur la rentabilité des petites structures. Les exposants suggèrent une révision à la baisse des tarifs ou un soutien financier accru pour les délégations régionales. Pour ces derniers, l'enjeu dépasse le simple bénéfice immédiat : il s'agit de faire connaître les potentialités touristiques et culturelles de leurs terroirs, comme en témoigne la mise en avant de sites emblématiques tels que les cascades de Karfiguéla.
Vers une meilleure visibilité du salon
Le constat est unanime sur un point : le SITHO doit gagner en notoriété pour rivaliser avec d'autres rendez-vous économiques majeurs du pays. Les exposants appellent à une campagne de promotion plus intensive pour transformer l'essai des éditions précédentes. L'objectif est clair pour les acteurs du secteur : faire du salon un carrefour incontournable où l'offre touristique et artisanale rencontre une demande constante, garantissant ainsi la pérennité de leurs activités sur le long terme.