L'industriel ghanéen Sir Sam Jonah a dressé un bilan critique de la gestion des ressources nationales, qualifiant l'exploitation minière illégale, le « galamsey », de menace multidimensionnelle. Lors d'une conférence à l'Université méthodiste du Ghana, il a exhorté les décideurs et les acteurs économiques à privilégier une vision de long terme, intégrant la responsabilité environnementale et la transparence dans la gestion des fonds publics.
L'impact dévastateur de l'exploitation minière illégale
Sir Sam Jonah souligne que le galamsey dépasse le simple cadre environnemental pour devenir une crise économique, sanitaire et morale. La dégradation des cours d'eau, autrefois vitaux pour les communautés, illustre l'échec de la préservation des ressources naturelles. Pour l'ancien dirigeant minier, la question fondamentale est celle de l'héritage : les activités extractives doivent laisser derrière elles des infrastructures durables, telles que des écoles ou des entreprises, plutôt que des terres stériles et des écosystèmes pollués.
La nécessité d'une rigueur dans la gestion publique
Au-delà du secteur minier, l'orateur a critiqué la gestion des finances publiques, marquée par le recours à l'emprunt pour la consommation plutôt que pour l'investissement productif. Il pointe du doigt l'abandon fréquent de projets publics par les gouvernements successifs, qui préfèrent lancer de nouveaux chantiers au lieu d'achever ceux déjà entamés. Ce gaspillage de ressources est, selon lui, un frein majeur au développement, tout comme l'incapacité du pays à retenir ses jeunes talents diplômés faute d'opportunités locales.
Le levier technologique pour la transparence
Pour remédier à ces dérives, Sir Sam Jonah préconise une adoption accrue des outils numériques. L'utilisation de données satellitaires permettrait un suivi efficace des zones minières illégales, tandis que la mise en place de registres fonciers numériques réduirait les litiges sur les terres. Enfin, il insiste sur la numérisation des systèmes de passation des marchés publics, un levier essentiel pour garantir la transparence de l'utilisation des fonds citoyens. Il rappelle toutefois que la technologie ne peut être efficace sans une volonté politique réelle, capable d'imposer la redevabilité, même lorsque celle-ci contrarie les intérêts des puissants.