Avec un taux de fécondité de 0,87 enfant par femme, Singapour affiche l’un des niveaux les plus bas au monde. Pour inverser cette tendance, le gouvernement singapourien a lancé un plan d’aide financière sans précédent : près de 47 000 euros par enfant jusqu’à 17 ans.
Une prime à la naissance et des aides étalées sur deux décennies
Dès la naissance, les familles singapouriennes perçoivent une prime de 6 775 euros. S’y ajoutent deux bourses de 3 388 euros chacune, destinées à couvrir les frais médicaux et scolaires initiaux. Le dispositif se poursuit ensuite sous forme de « crédits pour enfants » jusqu’aux 16 ans de l’enfant, complétés par des subventions pour les crèches et des congés parentaux élargis. L’objectif ? Réduire le fardeau financier qui dissuade les couples de fonder une famille.
Un taux de fécondité parmi les pires au monde
Singapour détient désormais le taux de fécondité le plus bas d’Asie, derrière des régions comme la Flandre (1,43). Le seuil de renouvellement de 2,1 enfants par femme, nécessaire pour stabiliser la population sans immigration, est loin d’être atteint. Cette situation place le pays dans une trajectoire de « société super-vieillissante », où plus de 20 % de la population aura 65 ans ou plus dès cette année, selon l’ONU. Les conséquences économiques sont immédiates : le ratio actifs/retraités se réduit, menaçant la pérennité des systèmes de retraite et de santé.
Des mesures saluées, mais des freins persistants
Si le Premier ministre singapourien mise sur ces aides pour relancer la natalité, les réactions restent partagées. Les familles hésitantes, bien que rassurées par les subventions, pointent du doigt le coût élevé de l’éducation et la pression sociale. Le système éducatif ultra-compétitif et les horaires de travail rigides découragent aussi les jeunes parents. Pourtant, des témoignages comme celui d’Iqbar Hisham (27 ans) montrent que ces mesures redonnent espoir : « Cette aide m’encourage à avoir des enfants rapidement après mon mariage », confie-t-il. Reste à savoir si ces dispositifs suffiront à inverser une tendance démographique ancrée depuis des années.