De retour en France pour la première fois depuis 2011, Simone Ehivet, présidente du Mouvement des générations capables, dresse un bilan critique de la situation politique ivoirienne. Entre pardon personnel, dénonciation des conditions de détention de ses proches et plaidoyer pour une refonte de l'organe électoral, l'ancienne Première dame réaffirme ses ambitions pour l'avenir du pays.
Une position tranchée sur la gouvernance électorale
Simone Ehivet exprime une volonté de rupture avec le modèle actuel de gestion des scrutins. Face à la dissolution de la Commission électorale indépendante, elle préconise la mise en place d'une institution technique, strictement indépendante des partis politiques et du gouvernement. Cette proposition, qu'elle maintient malgré les critiques, vise à garantir une neutralité qu'elle juge absente du processus actuel.
La question des détenus politiques
L'ancienne Première dame alerte sur le climat politique marqué par des interpellations répétées. Elle dénonce le maintien en détention de près de 1 500 personnes liées aux derniers cycles électoraux, qualifiant ces individus de « prisonniers politiques ». Elle s'inquiète particulièrement des récentes mesures judiciaires visant des figures proches de Laurent Gbagbo, dont la porte-parole Habiba Touré, y voyant un frein à l'apaisement du débat démocratique.
Bilan électoral et perspectives politiques
Revenant sur sa candidature à la présidentielle d'octobre 2025, où elle a recueilli 2,4 % des suffrages, Simone Ehivet ne cache pas sa déception. Elle attribue ce résultat à une faible mobilisation des électeurs plutôt qu'à un rejet de son programme. Malgré cet échec, elle refuse d'écarter une future candidature, affirmant que son engagement demeure guidé par la recherche d'un impact positif pour la nation ivoirienne.
Le poids du passé et le pardon
Interrogée sur les événements de 2011, Simone Ehivet évoque une forme de pardon envers les acteurs nationaux, notamment Alassane Ouattara, tout en maintenant une posture critique vis-à-vis de l'intervention française. Elle dénonce l'inaction des forces françaises lors de son arrestation, soulignant les traumatismes subis durant cette période charnière de l'histoire ivoirienne.