Toronto a vibré vendredi soir au rythme des mélodies de Shania Twain, qui a enfin réalisé son rêve d’enfance en se produisant au légendaire Horseshoe Tavern. La reine de la country pop y a interprété des extraits de son prochain album, Little Miss Twain, tout en revisitant ses tubes planétaires devant une salle de 500 places sold-out en quelques minutes.
Un retour aux sources pour la star ontarienne
À 60 ans, Shania Twain a marqué l’histoire du Horseshoe Tavern, salle emblématique de Toronto où se sont produits des légendes comme Waylon Jennings, Loretta Lynn ou encore les Rolling Stones. Pour la chanteuse, native de Timmins, dans le nord de l’Ontario, fouler cette scène représentait l’aboutissement d’un rêve de jeunesse. « C’est la meilleure soirée de tous les temps », a-t-elle lancé dès l’ouverture de son set de 75 minutes, avant d’interpréter « Come On Over » et « Any Man of Mine », deux de ses plus grands succès.
Accompagnée d’un groupe de six musiciens, dont quatre femmes, Twain a alterné entre récits autobiographiques et performances acoustiques. Elle a notamment joué de la guitare sur la quasi-totalité des morceaux, s’excusant à demi des quelques ajustements techniques nécessaires, « puisque ces chansons viennent tout juste d’être enregistrées ». Son nouvel album, Little Miss Twain, prévu pour le 24 juillet, puise dans ses souvenirs d’enfance, ses expériences personnelles et ses fantasmes d’adolescente, transformés en textes intimes et en mélodies roots-rock.
Des chansons nées de l’Ontario et de ses mythes
Twain a dévoilé plusieurs titres de Little Miss Twain, dont « Dirty Rosie », inspiré par le pick-up de son père, ou « Stranger Things », une réflexion sur son enfance dans le Nord ontarien, « entre neige, arbres et or dans le sol ». Elle a aussi évoqué « I’d Be Loving Me », née d’un bœuf musical chez Motown, et « Faded Blue Jeans », qui évoque ses jeans troués, symboles de moments clés de sa vie. « Ma mère rêvait que je devienne une star de country enfant », a-t-elle confié, soulignant l’absence de celle qui l’a accompagnée dans ses débuts, disparue avant son succès.
La soirée a aussi été l’occasion de rendre hommage à des figures locales, comme Stompin’ Tom Connors, immortalisé sur une fresque murale du « ‘Shoe » aux côtés de Gord Downie des Tragically Hip. Twain a d’ailleurs imité Connors lors d’un précédent concert à Londres, prouvant son attachement à l’héritage musical canadien.
Une salle mythique, un public en liesse
Les billets à 40 dollars canadiens (30 dollars américains) se sont arrachés en quelques minutes, malgré l’absence de revente. Les fans restés dehors ont écouté depuis le trottoir, la scène étant située au fond de l’arrière-salle. Twain, vêtue d’un body noir, boléro et bottes de daim, a su captiver son public avec des anecdotes et des invitations à chanter en chœur, comme lors de « Man! I Feel Like A Woman! », devenu un classique du karaoké. « On improvise complètement », a-t-elle lancé, avant de conclure avec « Giddy Up! » et un appel à danser au son du lasso.
Ce concert a confirmé que, malgré des décennies de succès et des stades remplis, Shania Twain reste attachée à ses racines. Le Horseshoe Tavern, malgré son quartier en mutation et un chantier de métro voisin, reste un lieu chargé d’histoire, où la country côtoie le rock et où les légendes se succèdent. Pour Twain, ce soir-là, la boucle était enfin bouclée.