Le gouverneur de l'État d'Oyo, Seyi Makinde, candidat de l'Allied Peoples Movement (APM) pour l'élection présidentielle de 2027, a fermement rejeté la pratique de la présidence tournante. Il appelle à une rupture avec ce qu'il qualifie de népotisme régional, plaidant pour une compétition électorale fondée sur le mérite et la vision nationale plutôt que sur l'appartenance géographique.
Critique du régionalisme politique
Lors d'un rassemblement dans le Sud-Ouest, Seyi Makinde a contesté l'idée selon laquelle les électeurs devraient soutenir un candidat uniquement en raison de son origine régionale. En rappelant le scrutin de 1999, où deux candidats issus du Sud-Ouest, Olusegun Obasanjo et Olu Falae, s'étaient affrontés, il a souligné que la démocratie exige une offre politique diversifiée. Selon lui, considérer la présidence comme un droit acquis par rotation favorise des politiques sectionnelles au détriment de l'intérêt général et du développement national.
Réforme du modèle économique
Au-delà des enjeux électoraux, le candidat de l'APM a exposé une vision économique centrée sur la productivité locale. Il critique la dépendance actuelle des États vis-à-vis des allocations fédérales et préconise une stratégie visant à stimuler la création de richesses. Pour Makinde, l'État doit cesser de « taxer la pauvreté » pour se concentrer sur la taxation de la prospérité générée par des activités économiques productives, une approche qu'il affirme avoir expérimentée à l'échelle de son État.
Tensions sur le paysage démocratique
Le discours de l'APM s'accompagne d'une vive critique de la gouvernance actuelle. Le président national du parti, Yusuf Dantalle, a dénoncé une érosion de la responsabilité électorale, pointant du doigt l'insécurité et la hausse des prix des carburants. De son côté, Seyi Makinde a mis en garde contre les pressions exercées sur les partis d'opposition, affirmant qu'un système politique qui étouffe la concurrence ne peut garantir une démocratie viable. Le gouverneur de l'État de Bauchi, Bala Mohammed, a réitéré son soutien à la candidature de Makinde, mettant en avant son bilan en matière d'infrastructures et de services publics comme preuve de sa capacité à diriger le pays.