En vue de l'élection présidentielle de 2027 au Nigeria, Seyi Makinde, candidat de l'Allied Peoples Movement (APM), a dévoilé une proposition politique majeure : la mise en place d'un gouvernement de transition d'unité nationale limité à quatre ans. Cette stratégie vise à répondre aux fractures régionales et à la concentration excessive du pouvoir, tout en proposant une rupture avec les méthodes de gouvernance actuelles.
Un mandat de transition pour l'unité nationale
Lors d'un rassemblement à Yola, dans l'État d'Adamawa, le gouverneur de l'État d'Oyo a précisé que cet exécutif transitoire aurait pour mission prioritaire de restaurer la cohésion nationale. L'objectif affiché est d'assurer une représentativité inclusive, particulièrement pour les régions du Nord, souvent critiques vis-à-vis de la centralisation du pouvoir. Selon le candidat, ce format de gouvernement ne dépasserait pas une durée de quatre ans, le temps nécessaire pour stabiliser les institutions et engager un « agenda de réinitialisation » du pays.
Exigence de transparence sur les prix des carburants
Au-delà de la réforme institutionnelle, Seyi Makinde a vivement interpellé l'administration actuelle sur sa gestion économique. Il exige la publication immédiate du modèle de tarification des produits pétroliers. Pour l'ancien acteur du secteur pétrolier, l'opacité entourant la fixation des prix empêche tout débat public constructif. Il critique ouvertement les politiques énergétiques en vigueur, incluant le programme de gaz naturel comprimé (GNC) et l'initiative « Naira-for-Crude », qu'il qualifie d'échecs, tout en rappelant les promesses non tenues de l'actuel exécutif concernant l'accès à l'électricité.
Une méthode fondée sur l'écoute citoyenne
Le candidat de l'APM justifie le retard dans la publication de son manifeste par une volonté de consultation préalable. En parcourant les régions du Nord-Ouest et du Centre-Nord, il affirme vouloir intégrer les préoccupations réelles des populations — notamment l'insécurité et la pauvreté — dans son programme final. Cette approche, soutenue par le leader national du parti et gouverneur de l'État de Bauchi, Bala Mohammed, se veut une alternative à ce que Makinde appelle « la politique du mensonge ». Le parti mise sur une expertise technique ouverte, invitant les citoyens, qu'ils soient ou non dans la sphère publique, à contribuer aux solutions pour redresser le pays.