Le gouverneur Seyi Makinde a vivement critiqué la stratégie économique du gouvernement fédéral nigérian, pointant du doigt le recours persistant à l'emprunt extérieur malgré des indicateurs de revenus jugés en hausse. Lors d'un rassemblement politique à Enugu, il a appelé l'administration du président Bola Tinubu à privilégier la transparence sur la réalité des finances publiques plutôt que les déplacements symboliques.
Contradictions sur la stratégie d'endettement
Seyi Makinde s'interroge sur la logique financière du gouvernement fédéral. Alors que les autorités font état d'une amélioration de la collecte des recettes fiscales et d'une augmentation des réserves de change, le président Tinubu a récemment sollicité l'approbation du Sénat pour un plan d'emprunt extérieur supplémentaire de 20,52 milliards de dollars et 1,045 milliard d'euros. Pour le gouverneur, cette démarche manque de cohérence : il estime que la gestion des ressources nationales devrait permettre de financer les projets d'infrastructure sans alourdir davantage la dette du pays.
Le défi du financement à long terme pour les entreprises
Fort de son expérience dans le secteur privé, Seyi Makinde a souligné les difficultés structurelles auxquelles font face les entreprises nigérianes. Selon lui, l'économie ne peut pas s'étendre durablement si les acteurs du secteur manufacturier sont contraints de s'appuyer sur des crédits à court terme avec des taux d'intérêt avoisinant les 25 %. Il soutient que l'absence de facilités de financement à long terme constitue un frein majeur à la création d'emplois et au développement industriel, des problématiques qu'il place au cœur de son programme politique.
Critique de la communication gouvernementale
Le déplacement du président Tinubu en Arabie saoudite pour effectuer une Omra et prier pour la stabilité du pays a également été au centre des critiques de l'opposant. Seyi Makinde a exhorté le gouvernement à ne pas occulter les défis économiques réels derrière des gestes symboliques. Il a insisté sur le fait que la prière ne devait pas se substituer à une communication honnête sur l'état réel de l'économie, affirmant que la confiance des citoyens dépend avant tout de la clarté des décisions politiques prises par l'exécutif.
Tensions dans le climat politique
Au-delà des enjeux économiques, le candidat de l'Allied Peoples Movement a dénoncé des entraves à la campagne électorale, évoquant des actes de sabotage tels que le retrait de ses affiches et des perturbations lors de ses meetings. Il a appelé les électeurs à se mobiliser massivement pour le scrutin, malgré ce qu'il qualifie de tentatives de déstabilisation de la part de ses adversaires politiques.