Le gouverneur de l'État d'Oyo, Seyi Makinde, exhorte les autorités nigérianes à dépasser le débat binaire sur le maintien ou la suppression des subventions aux carburants. Il propose une refonte profonde du modèle de tarification pour mieux refléter les réalités économiques du pays et garantir une gestion plus équitable des ressources nationales.
Exiger la transparence sur les mécanismes de prix
Dans une tribune intitulée The Business of Governance, Seyi Makinde souligne que la question centrale n'est pas le coût final à la pompe, mais la méthodologie utilisée pour le définir. Le gouverneur réclame une clarté totale sur les variables qui composent le prix du litre, notamment les coûts de raffinage, les marges opérationnelles, les taux de change appliqués, ainsi que les taxes et frais logistiques. Selon lui, cette transparence est indispensable pour permettre aux citoyens de comprendre le fondement des tarifs imposés et d'évaluer la pertinence des alternatives possibles.
Contester la corrélation entre prix et sécurité des frontières
Le gouverneur rejette fermement l'argument selon lequel une hausse des prix domestiques serait nécessaire pour endiguer la contrebande vers les pays voisins. Il estime que le coût de l'inefficacité étatique en matière de surveillance des frontières ne doit pas être répercuté sur le pouvoir d'achat des Nigérians. Pour Makinde, justifier des prix élevés par l'incapacité à sécuriser les frontières constitue une défaillance structurelle que le gouvernement doit assumer, plutôt que de la faire supporter par la population.
Vers une réforme systémique de la gouvernance
Au-delà du secteur pétrolier, Seyi Makinde inscrit cette réflexion dans une démarche plus large baptisée « Reset Nigeria ». Il identifie la faiblesse des institutions et des structures de gouvernance comme la racine des défis persistants du pays, tels que le chômage des jeunes, l'insécurité et la pauvreté. Le gouverneur annonce qu'il présentera prochainement une proposition alternative de tarification pétrolière, tout en appelant à une mobilisation nationale coordonnée. Il insiste sur le fait que le redressement du pays ne pourra être l'œuvre d'un seul individu, mais nécessitera une feuille de route claire, des priorités mesurables et une participation soutenue des citoyens, tant au Nigeria que dans la diaspora.