Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a reçu ce dimanche à Tivaouane le guide religieux Serigne Habib Sy Dabakh, qui a officiellement rejoint le parti Pastef. Lors de cette rencontre, le marabout a livré une charge virulente contre le président Bassirou Diomaye Faye, l’accusant d’avoir « trahi la jeunesse » en s’éloignant des promesses portées par son élection.
Une trahison des attentes de la jeunesse
Serigne Habib Sy Dabakh a estimé que Bassirou Diomaye Faye a « trahi la volonté de ceux qui l’ont élu », notamment la jeunesse sénégalaise. Selon lui, le président aurait abandonné les idéaux portés par sa campagne, au point de décevoir ceux qui voyaient en lui un espoir de changement. Le marabout a appelé les jeunes à ne plus se laisser instrumentaliser et à reprendre le contrôle de leur destin, sans se laisser « prendre en otage » par des intérêts politiques.
Purges politiques et règlements de comptes dans l’administration
Le guide religieux a dénoncé avec fermeté les limogeages et les révocations au sein de l’administration, qu’il qualifie de « règlements de comptes politiques ». Il affirme que certains agents publics sont écartés pour des raisons liées à leurs convictions politiques ou à des divergences avec le pouvoir en place. « Ce qui se passe actuellement n’est plus de la politique », a-t-il déploré, qualifiant ces pratiques d’« inadmissibles ». Ces propos s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes autour des nominations et des destitutions dans les institutions sénégalaises.
Montée des divisions et de la méchanceté dans le débat public
Serigne Habib Sy Dabakh a également critiqué la dégradation du climat politique au Sénégal, marquée selon lui par une escalade des mensonges, des invectives et des accusations diffamatoires. Il a souligné que certaines prises de position relèvent davantage de la « méchanceté » et de la volonté de nuire que d’un débat politique constructif. Conscient des réactions que ses déclarations pourraient susciter, il a assumé pleinement son engagement : « Certains diront que je fais de la politique, mais je l’assume. Ici au Sénégal, tout le monde fait de la politique. Je ne cache pas ma position. »