Serbie : des honneurs militaires pour Ratko Mladić, figure controversée de la guerre en Bosnie

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 34 lectures
Serbie : des honneurs militaires pour Ratko Mladić, figure controversée de la guerre en Bosnie

Le retour du corps de Ratko Mladić en Serbie, accompagné d’honneurs militaires, relance les débats sur la mémoire des conflits des années 1990 et les tensions persistantes entre Belgrade et les institutions internationales.

Un retour sous haute tension mémorielle

Le corps de Ratko Mladić, ancien commandant en chef de l’armée des Serbes de Bosnie condamné à la prison à perpétuité pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, a été rapatrié à Belgrade pour des funérailles. Le cercueil, drapé du drapeau serbe, a été transporté depuis La Haye à bord d’un avion gouvernemental, avant d’être accueilli par six soldats, le fils de Mladić et le ministre serbe de la Justice, Nenad Vujic. Ce dernier a annoncé que la famille organiserait les obsèques dans les prochains jours, tandis que des médias pro-gouvernementaux évoquent une cérémonie militaire prévue samedi et des funérailles lundi.

Entre glorification et condamnation internationale

Malgré sa condamnation par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Mladić reste une figure héroïsée par une partie de la population serbe. Des milliers de personnes ont déjà manifesté en son honneur, suscitant des réactions vives dans une région encore marquée par les divisions ethniques, plus de trente ans après la fin des guerres de Yougoslavie. Le TPIY a réaffirmé sa solidarité avec les victimes et leurs familles, condamnant toute glorification des criminels de guerre.

L’ombre de Srebrenica et les tensions avec l’UE

Mladić, l’un des principaux architectes du siège de Sarajevo et du massacre de Srebrenica – premier génocide reconnu en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale –, incarne les crimes les plus graves du conflit bosniaque (1992-1995), qui a fait plus de 100 000 morts et déplacé plus d’un million de personnes. La Serbie, qui soutient officiellement l’adhésion à l’Union européenne, maintient une posture défiante sur son rôle passé dans la guerre. Bruxelles a déjà averti que « la glorification des criminels de guerre n’a pas sa place dans un pays membre ou candidat à l’UE ».

Un héritage qui divise les Balkans

Le retour de Mladić ravive les fractures mémorielles en ex-Yougoslavie. Les autorités serbes accusent régulièrement le TPIY et l’Occident de partialité, estimant que les crimes commis par d’autres groupes ethniques n’ont pas été jugés avec la même rigueur. Cette vision, partagée par une frange de la population, contraste avec la condamnation unanime des crimes de guerre par la communauté internationale. Les prochains jours pourraient voir des rassemblements massifs, les autorités serbes évoquant la présence de « dizaines de milliers » de personnes lors des hommages.

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