Sept victimes reçues par le pape à Lourdes, le collectif Bétharram écarté d'une rencontre critiquée pour son opacité

Par Rédaction KUMBA 4 min de lecture 34 lectures
Sept victimes reçues par le pape à Lourdes, le collectif Bétharram écarté d'une rencontre critiquée pour son opacité

Le pape Léon XIV recevra sept victimes de violences sexuelles lors de sa venue à Lourdes le 27 septembre. Le principal collectif des victimes de l'institution Bétharram, dans les Hautes-Pyrénées, n'a pas été convié. Une décision qualifiée de « mépris institutionnel » qui illustre les tensions persistantes entre l'Église de France et les milliers de personnes qui réclament justice.

Une rencontre privée avec sept victimes seulement

La Conférence des évêques de France (CEF) a confirmé que sept victimes seront reçues par le souverain pontife à Lourdes le 27 septembre, en marge de sa visite dans l'Hexagone. Ce nombre restreint répond à une « volonté du pape de favoriser les échanges interpersonnels », selon l'institution. La rencontre sera privée, sans caméras, et aucune composition du groupe ne sera révélée publiquement.

Environ quarante demandes avaient été transmises à la CEF, dont une douzaine émanant de collectifs représentant des victimes d'établissements scolaires Catholic, de paroisses ou de congrégations. Face à cette affluence, le choix s'est porté sur une sélection limitée qui ne fait pas l'unanimité.

Le collectif Bétharram refuse un « jeu de concurrence victimaire »

Le collectif originel des victimes de Bétharram, établissement shut situé à une quinzaine de kilomètres de Lourdes, a annoncé « avec consternation » qu'il ne serait pas reçu. Son porte-parole, Alain Esquerre, a qualifié cette décision de « mépris institutionnel » et de « jeu de concurrence victimaire ».

« Nous voulions une démarche collective pour parler au nom de toutes les victimes et obtenir deux choses du pape : témoigner de la honte de l'Église, et surtout, proposer un plan d'action », a-t-il expliqué à l'agence France-Presse. Selon lui, les rendez-vous individuels « en catimini » visent à « laisser le problème à la marge » plutôt qu'à traiter ce qu'il qualifie de « problème systémique ».

Le quotidien Sud-Ouest affirme toutefois qu'une victime de Bétharram figura parmi les sept personnes reçues, sans avoir sollicité cette entrevue. Elle aurait été directement contactée par la CEF.

Une sélection opaque qui aliment les critiques

L'association MVR (victimes des écoles catholic lasalliennes), présidée par Philippe Chemineau, s'est également dite « très déçue » de ne pas avoir été invitée. « C'est totalement opaque, on ne sait pas du tout comment les gens sont sélectionnés ni comment ça va se passer », a-t-il confié.

La CEF assure qu'« il y aura bien des personnes membres de collectifs parmi les sept » et que le groupe sera « représentatif » : hommes et femmes, victimes mineures ou majeures au moment des faits, diversité des territoires et des types de structures (établissements d'enseignement Catholic, paroisses, congrégations).

Un recueil écrit pour les victimes non reçues

Pour répondre aux demandes non satisfaites, l'Église propose une alternative écrite. La CEF, conjointement avec la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), invite les victimes non reçues à adresser un écrit contenant « ce qu'elles auraient voulu dire au Pape ». « Tous les messages seront réunis en un recueil qui sera remis au Saint-Père », précise l'institution, qui prévoit également une journée de restitution publique de cette rencontre.

Un contexte marqué par l'ampleur du scandale en France

En 2021, un rapport avait estimé à environ 330 000 le nombre de victimes mineures de prêtres, diacres, religieux ou personnes en lien avec l'Église de France depuis 1950. Depuis, l'institution a mis en place plusieurs instances d'écoute et de réparation, mais les critiques persistent sur la lenteur des avancées et le manque de transparence.

En Espagne, en juin dernier, le pape avait déjà reçu six victimes lors d'une visite similaire. Là aussi, les principales associations avaient déploré ne pas avoir été conviées. Léon XIV avait alors appelé à « vérité, justice et réparation » face au « fléau » des violences sexuelles commises au sein de l'Église.

La venue en France, début septembre, sera observée de près par les collectifs de victimes qui espèrent des signaux concrets d'une volonté de rupture avec les pratiques du passé.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.