Sept ans après le licenciement de cinq responsables syndicaux de l'Université d'État de Lagos (LASU), le dossier demeure une source de tension persistante au sein de l'institution. Malgré des recommandations internes favorables à leur retour, ces enseignants attendent toujours une décision politique du gouvernement de l'État pour clore ce conflit social prolongé.
Une éviction liée à des activités syndicales
Les cinq enseignants, connus sous le nom de « LASU Five », occupaient des postes clés au sein de la section locale du Syndicat des enseignants du supérieur (ASUU). Il s'agit d'Isaac Oyewumi, Adebowale Adeyemi-Suenu, Anthony Dansu, Adeolu Oluwaseyi Oyekan et Oluwakemi Aboderin-Shonibare. Ils ont été renvoyés en septembre 2019, officiellement pour le retrait et la diffusion non autorisés de documents confidentiels, une mesure perçue par les intéressés comme une sanction injuste liée à leur engagement syndical.
Le revirement du conseil d'administration
Le dossier a connu un tournant majeur en février 2022, lorsque le conseil d'administration de l'université, alors présidé par David Sunmoni, a officiellement ordonné la réintégration des cinq membres. Cette décision faisait suite aux conclusions d'un comité d'appel, dirigé par la vice-chancelière adjointe Adenike Boyo, qui avait blanchi les enseignants de toutes les accusations portées contre eux. Cependant, à peine 48 heures après cette annonce, le conseil d'administration a suspendu l'application de sa propre décision, laissant les enseignants dans une impasse administrative totale.
La pression monte sur le gouverneur Sanwo-Olu
Face à ce blocage, les appels à l'intervention du gouverneur de l'État de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, se multiplient. En 2025, des organisations locales, notamment des représentants de la communauté de Badagry, ont publiquement exhorté le gouverneur à lever l'embargo qui pèse sur la mise en œuvre de la recommandation de 2022. De leur côté, les enseignants concernés maintiennent leur position, affirmant ne nourrir aucun regret quant à leur engagement pour la justice et la vérité au sein de l'université. Pour Anthony Dansu, porte-parole du groupe, cette période de sept ans ne constitue pas la fin de leur parcours, mais une étape avant une résolution qu'ils espèrent favorable.