Le paysage politique sénégalais se redessine après la création de Kiiraay Les Patriotes Républicains, nouvelle structure portée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui se trouve désormais en concurrence directe avec le PASTEF, parti historique d’Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale.
Naissance de Kiiraay et rupture du binôme Sonko‑Faye
Suite à la démission d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre à la fin du mois de mai 2026, le duo « Sonko mooy Diomaye » qui avait porté la campagne de rupture en 2024 s’est dissous. Le président Faye a alors officialisé la création de Kiiraay Les Patriotes Républicains, donnant à son mouvement un cadre institutionnel distinct et un ancrage politique propre, séparé du parti fondé par Sonko.
Le PASTEF garde son identité militante
Le parti du Mouvement des Alternatifs pour le Salut du Peuple (PASTEF) continue de se présenter comme le fer de lance de la dynamique de rupture, en conservant son appareil de terrain, ses réseaux locaux et son discours centré sur la souveraineté et la transformation de l’État. Malgré le départ de plusieurs responsables locaux, le député Amadou Ba a qualifié ces démissions de « phénomène marginal », même si elles concernent des ministres, directeurs généraux et cadres territoriaux.
Compétition pour les bases électorales et les échéances locales
La coexistence de deux structures issues d’une même vague électorale crée un nouveau jeu de forces au sein de la majorité. Kiiraay, soutenu par le président, mise sur son accès direct aux institutions étatiques, tandis que le PASTEF mise sur son implantation populaire et son appareil militant. Cette dualité risque d’influencer les prochaines élections locales, où chaque camp devra mobiliser ses réseaux pour capter les électeurs proches.
Enjeux de gouvernance et pressions sociétales
Le gouvernement doit désormais répondre à des attentes croissantes en matière de coût de la vie, pouvoir d’achat, emploi et justice sociale. Les réajustements dans l’appareil administratif, notamment les changements de postes ministériels et de responsables d’organismes publics, sont perçus à la fois comme des choix de gouvernance et comme des signaux politiques, chaque nomination étant analysée selon son affiliation à Kiiraay ou au PASTEF.
Refus du PASTEF d’intégrer le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô
Dans le cadre de la nouvelle configuration politique, le PASTEF a explicitement décliné toute participation officielle au gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lô. Cette décision souligne la volonté du parti de conserver son indépendance et de rester le porte‑voix d’une opposition constructive, même au sein de la majorité présidentielle.