Le député Amadou Ba de Pastef relance le débat sur la transhumance politique en proposant une loi inédite pour encadrer les ralliements des maires, dans un contexte de ralliements massifs au parti Kiiraay du président Bassirou Diomaye Faye.
Un contexte de ralliements politiques et de propositions législatives
Alors que des élus locaux rejoignent progressivement le parti présidentiel Kiiraay, le député Amadou Ba, responsable de la communication de Pastef, plaide pour un encadrement strict des changements de camp politique. Sa proposition phare : une loi de moralisation de la vie politique qui imposerait la perte du mandat pour tout maire rejoignant une formation différente de celle sous l’étiquette de laquelle il a été élu. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de renforcer le respect du suffrage universel et de lutter contre la transhumance politique, qualifiée de « tache noire de la démocratie » par le député.
Pour étayer sa proposition, Amadou Ba s’appuie sur deux références juridiques. D’une part, l’article 195 nouveau du Code électoral béninois, qui permet aux conseillers municipaux de voter une motion de défiance contre un maire ayant perdu la confiance du parti ayant porté sa candidature. D’autre part, l’article 60 de la Constitution sénégalaise, qui prévoit la déchéance automatique d’un parlementaire démissionnant de son parti en cours de législature. Selon lui, cette même logique doit s’appliquer aux élus locaux pour préserver la confiance des électeurs.
Une réforme pour restaurer la confiance dans les institutions locales
La transhumance politique, pratique courante en Afrique, est souvent perçue comme une violation du contrat démocratique entre les citoyens et leurs représentants. En proposant cette loi, Amadou Ba vise à restaurer la légitimité des mandats locaux en empêchant les changements de parti opportunistes, qui sapent la confiance des électeurs. Cette initiative s’ajoute à un mouvement plus large de réforme politique au Sénégal, où les questions de moralisation de la vie publique et de respect des règles électorales occupent une place centrale dans le débat public.
Si cette proposition venait à être adoptée, elle marquerait une avancée significative dans la lutte contre les pratiques clientélistes et les alliances politiques opportunistes. Elle pourrait également servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis de stabilité et de transparence dans la gestion des affaires locales.