Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a signé, le 24 août 2026, un décret convoquant l'Assemblée nationale en session extraordinaire pour le 1er septembre. Ce texte impose un ordre du jour unique : la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, marquant une volonté claire de l'exécutif de clore un débat institutionnel qui s'étire depuis plusieurs mois.
Un décret présidentiel aux objectifs contraignants
Le décret n° 2026-1530 est explicite dans ses intentions. En fixant la tenue de la DPG au 1er septembre, l'exécutif s'appuie sur la Constitution et la loi organique de 2025 pour encadrer strictement l'exercice. L'article 3 du document précise que la session devra être close dès l'épuisement de cet ordre du jour, empêchant ainsi tout report ou manœuvre dilatoire. Cette décision intervient alors que le délai constitutionnel de trois mois imparti au Premier ministre pour présenter sa feuille de route, nommé le 25 mai 2026, a expiré le 25 août dernier.
La résistance du Bureau de l'Assemblée nationale
En réponse, le Bureau de l'Assemblée nationale a opposé une lecture divergente des textes. S'appuyant sur l'article 63 de la Constitution et l'article 7 du Règlement intérieur, les parlementaires soutiennent que la séance du 1er septembre ne peut être qu'une formalité d'ouverture. Selon cette interprétation, le quorum serait constaté, mais la date effective de la présentation du Premier ministre resterait de la compétence exclusive de la Conférence des Présidents. Ce désaccord souligne une fracture profonde sur la hiérarchie des normes et les prérogatives de chaque institution.
Un enjeu de pouvoir au cœur des institutions
Ce conflit institutionnel cristallise une défiance croissante entre la Primature et le pouvoir législatif. Alors que le gouvernement cherche à imposer un calendrier ferme pour légitimer son action, l'Assemblée nationale, sous la présidence d'Ousmane Sonko, revendique son autonomie dans la gestion de son agenda. La réunion du Bureau parlementaire, tenue le 28 août, illustre la tension persistante autour de cet exercice constitutionnel. L'issue de cette confrontation déterminera si le 1er septembre marquera effectivement le début de la mise en œuvre politique du gouvernement ou si le blocage institutionnel se prolongera, laissant le pays dans l'attente d'une date ultérieure pour cette étape cruciale de la vie démocratique sénégalaise.