Le leader de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, dénonce une tentative de dissolution de son parti par le pouvoir en place, qu’il accuse de vouloir récupérer son récépissé pour l’exclure des prochaines élections.
Une stratégie de déstabilisation politique
Lors d’une tournée dans la région du Jolof pour la vente des cartes de son parti, Ousmane Sonko a alerté ses militants sur une manœuvre qu’il qualifie de calculée. Selon lui, le pouvoir chercherait à provoquer Pastef pour justifier une dissolution et s’emparer de son récépissé, l’empêchant ainsi de participer aux prochaines échéances électorales. Face à cette menace, Sonko a appelé à la discipline et au calme, refusant de tomber dans le piège des provocations. Il évoque même un scénario en préparation pour créer les conditions d’une dissolution, sans préciser les modalités exactes de cette stratégie.
Cette accusation s’inscrit dans un contexte de tensions politiques croissantes au Sénégal, où les rivalités entre le camp présidentiel et l’opposition s’intensifient à l’approche des scrutins. Pastef, parti fondé par Sonko, incarne une force politique majeure, portée par un engagement militant fort et une base populaire mobilisée, comme en témoignent les rassemblements malgré des conditions météorologiques difficiles.
Un bilan politique en demi-teinte
Ousmane Sonko a également critiqué ce qu’il présente comme un éloignement des promesses faites aux électeurs. Pour lui, le changement attendu par les Sénégalais ne se limite pas à une simple alternance au sommet de l’État, mais doit s’accompagner d’une refonte profonde du système politique. Il dénonce des pratiques qu’il assimile à celles de l’ancien régime, notamment l’achat de soutiens politiques, qu’il avait combattues avec ses partisans. « Les Sénégalais ne se sont pas battus pour ça », a-t-il martelé, rappelant le prix payé par les militants de Pastef avant l’arrivée au pouvoir du camp actuel.
Face aux attaques de ses détracteurs, Sonko a répondu avec ironie, qualifiant ses opposants de « momies » et de « zombies politiques ». Il a rappelé leur changement de posture à son égard, évoquant leur admiration passée avant de les accuser de calculs opportunistes. Ces déclarations s’inscrivent dans une dynamique de radicalisation du discours politique, alors que les tensions entre les camps s’exacerbent, notamment après des meetings mobilisateurs comme celui de Dahra.