Le gouvernement sénégalais a lancé un appel à candidatures pour recruter un conseiller financier chargé d’accompagner l’État dans la gestion de sa dette publique. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de restructuration des finances publiques, alors que le pays négocie un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
Les autorités sénégalaises cherchent à restaurer la crédibilité de leur gestion financière, notamment après la révélation d’engagements non déclarés estimés à plusieurs milliards de dollars. Le FMI a conditionné la conclusion d’un nouveau programme à la réalisation d’un audit indépendant de la dette, une exigence désormais au cœur des réformes en cours. Le ratio d’endettement du pays, proche de 132 % du PIB selon les dernières estimations, illustre l’urgence de ces mesures.
Le conseiller recruté interviendra en complément d’un cabinet parisien déjà mobilisé depuis plusieurs mois. Cette collaboration vise à renforcer l’expertise technique disponible, dans un contexte où l’accès aux marchés internationaux se heurte à des coûts d’emprunt élevés. Le Sénégal a récemment diversifié ses sources de financement, recourant notamment au marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et à des instruments comme les transferts de risques souverains (TRS), afin d’éviter tout risque de défaut de paiement.
Cette initiative s’ajoute à une refonte institutionnelle engagée par les autorités. La création, en juin dernier, d’une Direction générale des financements et de la dette (DGFD) marque une volonté de centraliser la gestion de l’endettement, jusqu’ici dispersée entre plusieurs administrations. Pilotée par un haut responsable du secteur bancaire, cette nouvelle structure a pour mission de coordonner les stratégies de financement et de transparence.
Les négociations avec le FMI se poursuivent activement, après la suspension d’un précédent programme d’appui. Les deux parties ont exprimé leur détermination à parvenir rapidement à un accord, bien que les conditions imposées par l’institution restent strictes. La transparence et la rigueur budgétaire figurent parmi les priorités pour rétablir la confiance des investisseurs et des partenaires techniques et financiers.