Sénégal : première pose de stimulateurs cardiaques sans sonde en Afrique de l’Ouest

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 34 lectures
Sénégal : première pose de stimulateurs cardiaques sans sonde en Afrique de l’Ouest

L’Hôpital général Idrissa Pouye de Grand Yoff, à Dakar, marque un tournant dans la prise en charge des troubles du rythme cardiaque en Afrique de l’Ouest. Pour la première fois sur le continent, une mission de pose de stimulateurs cardiaques sans sonde y est organisée. Sept patients ont bénéficié gratuitement de cette intervention innovante, tandis que des cardiologues sénégalais suivent une certification pour maîtriser cette technique de manière autonome.

Cette avancée s’inscrit dans un programme plus large visant à renforcer les compétences des cardiologues africains et à positionner le Sénégal comme un pôle de référence en cardiologie interventionnelle dans la sous-région. Selon le texte source, la technique utilisée consiste en l’implantation d’une petite capsule de 33 millimètres directement dans le cœur, sans ouverture chirurgicale ni sonde externe. Le dispositif, fixé à l’intérieur de l’organe sous contrôle radiologique, offre une durée de vie estimée à une vingtaine d’années et réduit significativement les risques de complications postopératoires.

La mission, lancée mardi, a débuté par une formation destinée à des cardiologues issus de cinq pays africains. Ces derniers ont été préparés à la stimulation cardiaque, une procédure réservée aux patients souffrant de rythmes cardiaques anormalement lents, pouvant entraîner des syncopes, des pertes de connaissance, voire des complications mortelles. L’intervention, réalisée sans boîtier externe ni fil, représente une alternative moins invasive aux stimulateurs traditionnels.

Le Pr Adama Kane, rythmologue interventionnel et enseignant-chercheur à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis, souligne que cette technologie, bien que coûteuse, est proposée gratuitement aux sept patients sélectionnés pour cette mission. L’objectif à terme est de rendre cette prise en charge accessible à un public plus large, notamment en discutant avec les autorités sanitaires d’un modèle économique permettant le remboursement de ces actes médicaux. « Ces interventions sauvent directement des vies et permettent de traiter définitivement certaines pathologies », indique-t-il.

Cette initiative s’appuie sur un projet lancé il y a près de dix ans, en collaboration avec le CHU de Lille. Une formation diplômante en stimulation cardiaque, créée en 2017, a permis de former entre dix et douze cardiologues par an. À ce jour, une cinquantaine de spécialistes issus de pays d’Afrique noire francophone ont été certifiés. Selon le texte source, l’objectif est désormais de couvrir l’ensemble de la région, ne laissant que deux pays, la République centrafricaine et le Burundi, sans cardiologues formés à cette technique. « Quel que soit le pays où vit un patient souffrant d’un trouble du rythme cardiaque, il doit pouvoir être pris en charge par un médecin formé », affirme le Pr Claude Kwakam, chef du service de cardiologie au CHU de Lille, présent lors de la mission.

Cette première en Afrique de l’Ouest illustre les efforts du Sénégal pour moderniser son système de santé et réduire les disparités en matière d’accès aux soins cardiologiques. L’introduction de cette technologie, couplée à la formation continue des professionnels, pourrait servir de modèle pour d’autres pays du continent.

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