Au lendemain de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, le débat sur la trajectoire économique du Sénégal s'intensifie. Oumar Youm, figure de l'opposition et membre du Secrétariat exécutif de l'APR, exhorte le gouvernement à abandonner les discours de campagne pour une gestion pragmatique, pointant du doigt les limites du programme « Jubbanti Koom ».
Le décalage entre promesses et exécution budgétaire
Pour l'ancien ministre, la DPG a agi comme un révélateur des fragilités structurelles du nouveau pouvoir. Il souligne notamment l'échec relatif de la mobilisation des ressources domestiques : au 31 août 2026, seulement 173 milliards de francs CFA ont été collectés sur un objectif fixé à 303,3 milliards, soit un taux de réalisation de 56,9 %. Ce constat, reconnu par le Premier ministre lui-même, illustre selon M. Youm l'impasse d'une stratégie qui tablait sur un financement endogène massif, désormais jugé insuffisant pour couvrir les besoins d'investissement du pays.
La crédibilité de la signature souveraine en question
Oumar Youm critique sévèrement la communication financière du gouvernement, qu'il juge plus proche d'un réquisitoire politique que d'une gestion d'État. Il alerte sur les conséquences directes de cette posture vis-à-vis des investisseurs et des institutions internationales. Selon lui, le « risque Sénégal » s'est aggravé, rendant l'accès aux financements extérieurs plus complexe. Cette situation contraint aujourd'hui l'exécutif à solliciter un programme de 2,2 milliards de dollars auprès du FMI, une démarche qui contredit les promesses initiales de développement sans recours accru à l'endettement extérieur.
Vers une nécessaire restructuration de la stratégie nationale
Face à ces indicateurs, l'opposant appelle à une remise à plat du Plan de redressement économique et social ainsi que de la Stratégie nationale de développement (SND). Il met en garde contre la sémantique gouvernementale autour du « reprofilage » de la dette, estimant que si les mesures actuelles ne suffisent pas à restaurer la soutenabilité financière, une restructuration plus profonde pourrait devenir inévitable. Pour Oumar Youm, l'enjeu est désormais de sortir de l'illusion pour adapter les ambitions nationales aux ressources réellement disponibles, afin de préserver la crédibilité et la souveraineté économique du Sénégal.