L’ex-sélectionneur des Lions de la Téranga, Pape Thiaw, a adressé une mise en demeure à la fédération sénégalaise de football pour réclamer le paiement de six mois d’arriérés de salaire, soit un montant de 423 millions de francs CFA (environ 650 000 euros). Cette démarche survient alors que la fédération s’apprête à nommer un successeur, dans un climat de tensions persistantes autour des contrats des techniciens nationaux.
Les faits essentiels
Pape Thiaw, limogé après l’élimination du Sénégal en 16e de finale de la Coupe du monde 2026, exige le versement de ses six derniers mois de salaire et des primes, totalisant 423 820 300 francs CFA. La mise en demeure a été adressée directement à la fédération, et non à l’État, car c’est cette dernière qui signe les contrats des sélectionneurs. L’ancien entraîneur, dont la collaboration avec la fédération s’est dégradée après des désaccords contractuels lors du Mondial, refuse désormais toute transition vers son successeur tant que sa dette n’est pas réglée.
Pourquoi c'est important
Cette situation illustre les dysfonctionnements persistants dans la gestion des contrats des techniciens du football sénégalais, un enjeu récurrent qui mine la crédibilité des institutions sportives du pays. Le non-paiement des salaires, même pour des figures emblématiques comme Thiaw, risque d’affaiblir la confiance des entraîneurs nationaux et internationaux envers la fédération. Par ailleurs, cette crise intervient à un moment critique, alors que le Sénégal cherche à reconstruire son équipe après une élimination prématurée en Coupe du monde, dans un contexte où la pression sur les résultats sportifs reste forte.
Ce qu'il faut surveiller
La fédération sénégalaise de football devrait annoncer dans les prochains jours le nom de son nouveau sélectionneur, avec deux candidats pressentis : Patrick Vieira et Omar Daf. La résolution du litige avec Thiaw dépendra de la capacité des dirigeants à mobiliser les fonds nécessaires, dans un contexte où les finances du football local restent fragiles. Une issue rapide pourrait permettre d’éviter une escalade juridique, tandis qu’un blocage prolongé pourrait aggraver la crise de confiance autour de la gouvernance sportive au Sénégal.