Sénégal : les dysfonctionnements du système éducatif sous le feu des questions parlementaires

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 30 lectures
Sénégal : les dysfonctionnements du système éducatif sous le feu des questions parlementaires

Le système éducatif sénégalais, malgré ses ambitions affichées, accumule les dysfonctionnements persistants. Des primes impayées aux chantiers scolaires abandonnés, en passant par des réformes mal appliquées, le député Mbaye Dione a saisi le ministre de l’Éducation nationale pour exiger des réponses concrètes.

Un système éducatif en crise malgré les réformes

Les Lycées Nation-Armée pour la Qualité et l’Équité (LYNAQE), présentés comme des établissements modernes et innovants, illustrent les écarts entre les promesses et la réalité. Selon le député, les enseignants de ces structures n’auraient pas perçu leurs indemnités et primes depuis deux ans, tandis que des employés comme les vigiles restent sans rémunération. Les élèves, eux, n’auraient bénéficié que de deux mois de bourse, et les logements promis aux enseignants ainsi que les cantines scolaires posent problème. À Kaffrine et Sédhiou, où ces établissements sont implantés, les manquements s’accumulent : manque de manuels, effectifs pléthoriques et infrastructures incomplètes.

L’introduction de l’anglais à l’école élémentaire, autre réforme phare, se heurte à des obstacles structurels. Le manque d’enseignants spécialisés, de manuels adaptés et de supports pédagogiques menace la réussite de ce projet. Le député interroge le ministère sur le nombre d’enseignants formés, leur répartition géographique et les dispositifs de formation continue pour les instituteurs non préparés.

Des infrastructures scolaires abandonnées et des conditions de travail précaires

Les chantiers de construction ou de réhabilitation d’écoles, censés améliorer l’accès à l’éducation, restent souvent inachevés. À Porokhane, Aikon ou Sagna, les salles de classe sans toiture, les latrines absentes et les installations électriques défaillantes témoignent d’un manque de suivi. Le député demande un état des lieux précis des chantiers abandonnés, leurs causes et un calendrier de reprise des travaux.

Les classes surchargées, avec parfois plus de 60 élèves, aggravent les difficultés pédagogiques. Le manque de mobilier, de laboratoires scientifiques et de cantines fonctionnelles, ainsi que la précarité des personnels administratifs – souvent en contrats précaires et sous-payés – complètent ce tableau alarmant. Face à ces constats, Mbaye Dione exige des mesures pour réduire les effectifs, réhabiliter les établissements et améliorer le statut des agents administratifs.

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