Lors d’une interview sur le plateau d’Evenprod Médias, l’économiste Ndongo Samba Sylla a exprimé une inquiétude sans précédent quant à la trajectoire de la dette du Sénégal, rappelant ses mises en garde formulées dès 2019‑2020. Il souligne que le service de la dette représente aujourd’hui 25 % des recettes de l’État, tandis que la notation souveraine a été dégradée par Moody’s, accentuant la pression financière sur le pays.
Un avertissement réitéré depuis 2019‑2020
Ndongo Samba Sylla rappelle que ses premières alertes sur la dette sénégalaise remontent à la période 2019‑2020, où il avait déjà identifié un risque d’accumulation excessive. Selon ses propos, la situation n’a pas évolué favorablement et le pays se trouve désormais dans une « période préoccupante », où le poids de la dette menace la marge de manœuvre budgétaire.
Le poids des intérêts : 25 % des recettes de l’État en 2026
Le ministre des Finances, Cheikh Diba, a indiqué que le paiement des intérêts de la dette mobilise 25 francs pour chaque tranche de 100 francs de recettes de l’État en 2026. Cette proportion, équivalente à un quart du budget national, réduit les ressources disponibles pour les dépenses publiques essentielles, accentuant les tensions entre obligations de service de la dette et besoins de développement.
Dégradation de la notation souveraine par Moody’s
Le 28 août 2026, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, tout en adoptant une perspective négative. Cette révision reflète la perception accrue du risque de crédit et peut entraîner une hausse du coût de financement pour le pays, limitant davantage les options de refinancement.
Scénarios de redressement et choix politiques
Malgré le tableau alarmant, Ndongo Samba Sylla n’exclut pas la possibilité d’une issue favorable, à condition que des décisions politiques appropriées soient prises. Il évoque la nécessité d’ajuster la politique budgétaire, de renforcer la gestion de la dette et de rechercher des sources de financement plus soutenables. Le débat reste ouvert sur les mesures concrètes à mettre en œuvre pour inverser la tendance et restaurer la confiance des investisseurs.