Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) a officiellement rompu le silence ce 29 octobre, dénonçant l'absence de réponses concrètes de l'État après plus de trois mois de blocage. Entre revendications structurelles pour le secteur de la santé et défense des libertés syndicales, le syndicat durcit sa position face à ce qu'il qualifie de mépris gouvernemental.
Un dialogue social au point mort
Depuis le dépôt de sa plateforme revendicative le 10 juillet 2026, le SAMES déplore une absence totale d'avancées significatives. Malgré trois rencontres avec les autorités, dont une réunion le 16 octobre jugée infructueuse par les représentants syndicaux, le gouvernement n'a proposé aucune mesure nouvelle. Le syndicat, qui a sollicité l'appui du Haut Conseil du dialogue social, estime que l'absence d'engagements fermes compromet durablement la stabilité du secteur de la santé.
Revendications pour une réforme structurelle
Le SAMES porte un projet de transformation profonde du système de santé sénégalais. Au cœur de ses exigences figurent l'élaboration d'un statut spécial pour les praticiens, le recrutement systématique des professionnels en fin de formation et une gestion transparente des ressources humaines. Le syndicat réclame également une revalorisation des pensions de retraite à 80 % du dernier salaire et une modernisation des infrastructures sanitaires pour garantir un accès aux soins équilibré sur l'ensemble du territoire national.
Tensions autour des libertés syndicales et des réquisitions
Le conflit s'est intensifié avec la dénonciation de pratiques jugées arbitraires par les autorités. Le SAMES exige la réintégration immédiate du secrétaire général de sa section au Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), estimant que son éviction constitue une mesure de rétorsion syndicale. Parallèlement, le syndicat conteste fermement la légalité des réquisitions opérées lors des récentes grèves, les qualifiant d'abusives. En invoquant la convention n° 87 de l'Organisation internationale du travail, le SAMES prévient qu'il ne reconnaîtra aucune procédure qui s'écarterait du cadre légal strict.
Vers une escalade du conflit
Tout en affirmant avoir maintenu la continuité des soins d'urgence par éthique professionnelle, le syndicat se dit prêt à durcir son mouvement. Le Bureau exécutif national du SAMES a annoncé qu'il évaluerait la situation en temps réel, laissant planer la menace d'une nouvelle escalade si l'État ne propose pas rapidement des solutions concrètes aux points de friction soulevés.