Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) a lancé un mouvement de grève de 72 heures, du 28 au 30 octobre 2026. Ce débrayage fait suite à l'échec des négociations avec le gouvernement concernant une plateforme revendicative globale, touchant aussi bien aux conditions de travail des praticiens qu'à la modernisation des infrastructures hospitalières.
Un statut particulier pour le corps médical
Au cœur des tensions, le SAMES réclame l'instauration d'un statut particulier pour les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Ce cadre juridique et financier est jugé indispensable par le syndicat pour mieux refléter les responsabilités spécifiques de ces professions. Parallèlement, les praticiens exigent une révision du régime indemnitaire afin de corriger les disparités salariales au sein de la fonction publique, tout en demandant une meilleure reconnaissance des responsabilités médicales dans les secteurs public et parapublic.
Recrutement et perspectives de carrière
La gestion des ressources humaines constitue un point de friction majeur. Le syndicat plaide pour un renforcement des effectifs via des recrutements réguliers et une titularisation facilitée, notamment en relevant l'âge limite à 40 ans. Le SAMES insiste également sur la nécessité de procédures de nomination et d'affectation transparentes, basées sur des critères objectifs. Les revendications incluent aussi une revalorisation des pensions de retraite, avec un objectif fixé à 80 % du dernier salaire, ainsi qu'une amélioration des conditions de formation et de protection sociale pour les spécialistes en cours de cursus.
Modernisation des infrastructures et accès aux soins
Au-delà des préoccupations corporatistes, le SAMES interpelle les autorités sur l'état du système de santé national. Le syndicat demande une accélération de la réforme de la carte sanitaire, préconisant l'installation d'un établissement public de santé de niveau 2 dans chaque département. L'accès aux équipements lourds, tels que les scanners et les IRM, ainsi que la maintenance du matériel hospitalier et la disponibilité d'ambulances adaptées, sont présentés comme des priorités pour garantir la qualité des soins aux populations.
L'impasse du dialogue social
Ce mouvement de grève intervient après des mois de blocage. Malgré une session du Comité exécutif national en juillet 2026 à Louga appelant à une reprise immédiate des discussions, les tentatives de médiation ont échoué. Une rencontre technique organisée le 7 septembre par le ministère de la Santé n'a pas abouti, le syndicat ayant conditionné la poursuite des échanges à la présence directe du ministre. Le gouvernement, de son côté, maintient sa volonté de dialogue tout en soulignant l'importance de la continuité des soins pour les citoyens.