Le soutien du Sénégal à la candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU, défendu par l’ancienne Première ministre Aminata Touré, illustre une rupture avec les tensions passées. Malgré ses critiques virulentes envers l’ex-président, elle invoque désormais l’intérêt supérieur du pays pour justifier ce choix.
Un virage politique sous le signe de la réconciliation
L’ancienne Première ministre Aminata Touré, figure emblématique de l’opposition sous Macky Sall, a récemment apporté son soutien à la candidature de ce dernier au poste de secrétaire général des Nations unies. Une position qui contraste avec ses prises de parole passées, où elle avait réclamé sa comparution devant la justice pour les violences politiques ayant marqué la fin de son mandat. Interrogée sur cette apparente contradiction, elle a choisi de s’effacer derrière la décision du président Bassirou Diomaye Faye, qualifiant celle-ci de « sage et empreinte de tolérance ».
Selon ses propos, le chef de l’État aurait privilégié une logique de pardon et de dépassement des rancœurs personnelles, au nom des intérêts supérieurs du Sénégal. Cette justification s’appuie sur un argument central : la candidature de Macky Sall pourrait renforcer le rayonnement international du pays, notamment en plaçant un ressortissant sénégalais à la tête de l’organisation onusienne.
Entre héritage et stratégie nationale
Le soutien apporté à Macky Sall s’inscrit dans un contexte où le président Diomaye Faye lui-même a été emprisonné pendant plusieurs années sous le régime de son prédécesseur. Aminata Touré y voit une opportunité de transcender les divisions politiques et de mettre en avant une vision unifiée de la nation. « Si on parle de tolérance et de pardon, peut-être qu’il fallait mettre en avant les intérêts supérieurs du Sénégal », a-t-elle déclaré, soulignant ainsi la volonté de tourner la page des conflits partisans.
Cette position reflète une tendance plus large au Sénégal, où les nouvelles autorités cherchent à redéfinir les relations avec l’ancien régime. Le choix de soutenir Macky Sall, malgré les tensions passées, pourrait ainsi s’analyser comme une stratégie visant à consolider la stabilité politique et à renforcer la position du pays sur la scène internationale. Une décision qui, bien que controversée, s’inscrit dans une logique de pragmatisme et de recherche d’unité nationale.