Sénégal : le Premier ministre Al Aminou Lô confirme un ajustement structurel, croissance à 2,5 % et financement à 60 %

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Sénégal : le Premier ministre Al Aminou Lô confirme un ajustement structurel, croissance à 2,5 % et financement à 60 %

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a déclaré devant l’Assemblée nationale que le Sénégal se trouve en pleine phase d’ajustement structurel, avec une croissance prévue de seulement 2,5 % et des taux d’intérêt à court terme pouvant atteindre 60 %. Cette situation reflète la tension croissante sur les finances publiques, aggravée par la récente dégradation de la note souveraine par S&P.

Un constat de ralentissement économique

Lors de la Déclaration de politique générale, le chef du gouvernement a souligné que le taux de croissance du pays se situe désormais autour de 2,5 %, bien en dessous des objectifs fixés dans les précédents cycles de programmation. Ce ralentissement s’inscrit dans un contexte de resserrement budgétaire, où les recettes fiscales et les recettes d’exportation peinent à compenser les dépenses publiques croissantes.

Des coûts de financement record pour l’État

Al Aminou Lô a indiqué que les taux d’intérêt appliqués aux financements à court terme pouvaient atteindre 60 %, un niveau exceptionnellement élevé pour un État souverain. Ces conditions de marché traduisent la difficulté du gouvernement à accéder à des ressources financières à des conditions favorables, ce qui augmente le coût du service de la dette et limite la marge de manœuvre budgétaire.

Conséquences sur les projets publics et la stratégie 2050

Face à ces contraintes, plusieurs projets d’infrastructure et d’investissement public ont été suspendus ou retardés. Le Premier ministre a rappelé que, malgré ces ajustements, le gouvernement maintient son engagement envers le plan « Sénégal 2050 », qui vise à diversifier l’économie et à renforcer les capacités productives à long terme. Cependant, la mise en œuvre de ce référentiel devra s’adapter aux réalités budgétaires actuelles.

Réaction des marchés et perspectives de redressement

La déclaration du Premier ministre intervient peu après que l’agence de notation S&P a abaissé la note souveraine du Sénégal, signalant aux investisseurs une hausse du risque perçu. Cette dégradation pourrait entraîner une pression supplémentaire sur les coûts d’emprunt. Les analystes soulignent que le redressement dépendra de la capacité du gouvernement à rétablir la confiance des marchés, notamment en améliorant la discipline budgétaire et en stimulant la croissance via des réformes structurelles ciblées.

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