Sénégal : le populisme menace-t-il l’exception démocratique ?

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 40 lectures
Sénégal : le populisme menace-t-il l’exception démocratique ?

Le Sénégal, longtemps cité en exemple de stabilité démocratique en Afrique, voit son modèle républicain contesté par des discours de rupture radicale. Babacar Lo Ndiaye, président du parti Fass-Jom, dénonce une stratégie populiste qui, selon lui, menace l’État de droit et la cohésion nationale.

Un réquisitoire contre la polarisation et l’anarchie institutionnelle

Dans un communiqué adressé à la nation, Babacar Lo Ndiaye dresse un bilan alarmant de l’actualité politique sénégalaise. Il accuse le leader du PASTEF, Ousmane Sonko, de propager une rhétorique de « dérive autoritaire » en s’appuyant sur des mécanismes similaires à ceux observés sous les mandats de Jair Bolsonaro au Brésil ou de Donald Trump aux États-Unis. Selon lui, la stratégie du PASTEF repose sur une polarisation systématique de la société, une diabolisation des contre-pouvoirs – magistrats, forces de sécurité, presse indépendante – et une remise en cause récurrente de la légalité républicaine.

Le président de Fass-Jom met particulièrement en garde contre l’appel à la mobilisation populaire lorsque les décisions de justice ne correspondent pas aux attentes du parti. Cette rhétorique, qualifiée de « nettoyage » des institutions, serait selon lui porteuse d’anarchie et de fragilisation du modèle sénégalais d’intégration religieuse et confrérique, pilier historique de la stabilité sociale.

La raison républicaine face aux illusions messianiques

Tout en reconnaissant la légitimité des revendications de la jeunesse sénégalaise – emploi, justice sociale, lutte contre la corruption –, Babacar Lo Ndiaye rejette l’idée qu’un « déboulonnement violent » des institutions puisse mener à une prospérité durable. Il craint au contraire une instabilité chronique, incompatible avec le développement économique et social du pays.

Pour contrer cette « aventure aventuriste », il propose cinq axes de mobilisation citoyenne : la protection du « sacre républicain » contre les discours de haine, le renforcement de l’indépendance de la justice via le Conseil supérieur de la magistrature, le rejet du « messianisme individuel » au profit d’un débat programmatique, la promotion d’un « souverainisme économique réaliste », et la préservation du modèle confrérique de tolérance. Il s’appuie sur l’héritage des pères fondateurs de la République, comme Léopold Sédar Senghor ou Lamine Guèye, et sur une citation de Montesquieu pour souligner l’équilibre nécessaire entre liberté et loi.

En conclusion, Babacar Lo Ndiaye appelle les Sénégalais à se départir des dérives liberticides attribuées au PASTEF, non par renoncement au changement, mais par choix de la raison et de la continuité républicaine, garantes selon lui de la pérennité du modèle démocratique sénégalais.

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