Sénégal : Le ministre Abdourahmane Diouf pointe une perte de 30 milliards dans le dossier Kosmos-PETROSEN

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 42 lectures
Sénégal : Le ministre Abdourahmane Diouf pointe une perte de 30 milliards dans le dossier Kosmos-PETROSEN

Le ministre sénégalais du Pétrole et de l’Énergie, Abdourahmane Diouf, a ouvertement critiqué les conditions d'un accord de renonciation signé entre la société Kosmos Energy et la compagnie pétrolière nationale PETROSEN. Selon le ministre, cette transaction aurait privé l'État sénégalais d'environ 30 milliards de francs CFA, justifiant ainsi sa demande d'un audit approfondi de la gestion du directeur général de PETROSEN.

Un calendrier contractuel jugé préjudiciable

Au cœur de la controverse se trouve un contrat d'exploration dont l'échéance était fixée au 31 juillet 2026. Or, le 22 avril 2026, soit treize semaines avant le terme prévu, un accord de renonciation conjointe a été conclu entre les deux parties. Abdourahmane Diouf s'interroge sur la précipitation de cette décision, soulignant que le Sénégal ne devait aucune compensation à l'opérateur. Au contraire, le ministre soutient que l'État était en droit de réclamer des indemnités liées à des manquements contractuels, une créance estimée à près de 30 milliards de francs CFA qui aurait été annulée par cet accord.

L'opacité des conditions de renonciation

Le ministre conteste la nature « conjointe » de cette renonciation, estimant que seul l'État sénégalais a consenti à un sacrifice financier. Selon lui, les clauses du décret encadrant le contrat de recherche et de partage de production prévoyaient des pénalités en cas de non-exécution des travaux prévus, des obligations que Kosmos Energy n'aurait pas honorées. En signant cet accord avant l'échéance, les autorités auraient, de facto, renoncé à faire valoir les droits de l'État pour recouvrer ces sommes.

La responsabilité de PETROSEN au centre des débats

Abdourahmane Diouf pointe également une défaillance dans la gouvernance administrative du dossier. Il précise que le ministère de tutelle n'a jamais signé l'arrêté nécessaire pour encadrer cette opération, laissant ainsi une marge de manœuvre totale à la direction de PETROSEN. Le ministre affirme ignorer les circonstances exactes ayant conduit le directeur général de la société nationale à valider cet accord sans supervision ministérielle. Face à la gravité des enjeux financiers, il appelle désormais à faire toute la lumière sur ce dossier par le biais d'un audit, afin de situer les responsabilités dans ce qui est qualifié de perte sèche pour le Trésor public sénégalais.

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