Sénégal : Le flou persiste sur une créance de 55 millions de dollars liée au gisement gazier Yaakaar-Teranga

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 43 lectures
Sénégal : Le flou persiste sur une créance de 55 millions de dollars liée au gisement gazier Yaakaar-Teranga

Le dossier du gisement gazier de Yaakaar-Teranga, pilier de la stratégie de souveraineté énergétique du Sénégal, est rattrapé par des zones d'ombre financières. Lors de sa Déclaration de politique générale, le Premier ministre Al Aminou Lo a révélé l'existence d'un contentieux portant sur 55 millions de dollars, une somme que l'État réclame au titre d'obligations contractuelles non respectées lors du retrait de Kosmos Energy.

Un contentieux lié au Code pétrolier

La controverse porte sur l'application de l'article 19 du Code pétrolier sénégalais. Selon le Premier ministre, ce texte prévoit des compensations financières lorsque des obligations contractuelles ne sont pas exécutées au terme d'une licence. Al Aminou Lo soutient que le montant dû par les partenaires s'élève à 55 millions de dollars. Cette déclaration contredit la perception laissée par l'annonce initiale du retrait de Kosmos Energy, présentée en avril dernier comme une opération sans contrepartie financière pour le Sénégal.

La question de la renonciation à la créance

Le chef du gouvernement a soulevé une interrogation majeure sur la gestion de ce dossier, évoquant une décision prise par une entité ou un individu qui se serait « substitué à l'État » pour exonérer les partenaires de ce paiement. Cette initiative aurait fait l'objet d'une contestation formelle par le ministre de tutelle sortant, via une correspondance adressée au directeur général de PETROSEN le 1er juin. Le Premier ministre a été catégorique sur la position de l'actuel gouvernement : personne n'aurait eu le droit de renoncer à cette créance publique.

Les zones d'ombre de la négociation

La mise en parallèle des déclarations d'avril et de celles tenues devant l'Assemblée nationale fragilise la lisibilité de l'accord de retrait. Si l'annonce d'Ousmane Sonko soulignait l'absence de versement d'indemnités par le Sénégal à Kosmos, elle n'évoquait pas les créances que l'État était en droit de percevoir. Il reste désormais à établir si l'accord de retrait a, par omission ou par clause spécifique, conduit à l'abandon de ces 55 millions de dollars.

Vers un audit des documents contractuels

La lumière sur cette affaire dépendra de l'accès aux documents officiels, notamment l'accord de retrait signé avec Kosmos et les échanges administratifs survenus en juin. L'enjeu est double : confirmer le caractère exigible de cette créance et identifier les responsabilités dans la décision d'y renoncer. Le gouvernement actuel semble déterminé à clarifier les conditions juridiques et financières qui ont entouré la reprise du contrôle total du gisement par la société nationale PETROSEN.

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