Les récentes inondations qui ont frappé Dakar et plusieurs régions du Sénégal début octobre 2026 ont relancé le débat sur l'efficacité des politiques publiques de prévention. Alors que le bilan humain s'établit entre cinq et sept décès, la gestion du dossier par l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko fait l'objet de vives critiques, notamment en raison de l'absence de résultats tangibles sur les engagements pris durant son mandat.
L'impasse des audits sur le plan décennal
En mai 2024, Ousmane Sonko avait promis un « règlement définitif » des inondations, tout en annonçant un audit approfondi du plan décennal lancé en 2012 sous l'ère Macky Sall. Deux ans plus tard, cet examen reste invisible. Le député Amadou Ba a confirmé qu'aucun rapport d'audit n'a été rendu public, malgré les déclarations répétées de l'ancien chef du gouvernement, notamment lors d'un déplacement à Kaolack en août 2025. Cette opacité alimente les interrogations sur l'utilisation réelle des fonds publics alloués à la lutte contre les crues.
Une confusion persistante sur les chiffres
La gestion financière du secteur est marquée par une instabilité des données chiffrées. Le montant du plan décennal a varié selon les prises de parole, oscillant entre 717, 721, 767 et 800 milliards de francs CFA. Cette disparité rend difficile l'identification précise des sommes réellement engagées ou décaissées. De même, concernant l'aide d'urgence de 8 milliards de francs CFA annoncée en octobre 2024 pour les sinistrés des fleuves Sénégal et Gambie, aucun bilan détaillé n'a été communiqué, laissant planer un doute sur l'effectivité de l'assistance aux populations.
Un nouveau plan d'urgence face à l'urgence climatique
Face à la récurrence des sinistres, le nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, a déclenché un plan d'urgence régional pour Dakar et dévoilé un programme national de lutte contre les inondations chiffré à 921 milliards de francs CFA. Ce nouveau dispositif place le gouvernement devant une exigence de transparence accrue. La crédibilité de cette stratégie dépendra désormais de la capacité de l'État à établir un calendrier de financement clair et à soumettre l'exécution des travaux à une évaluation publique, une demande pressante de nombreux acteurs de la société civile sénégalaise.