Sénégal : le débat sur le septennat menace-t-il la stabilité institutionnelle ?

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Sénégal : le débat sur le septennat menace-t-il la stabilité institutionnelle ?

Le débat sur l’instauration d’un mandat présidentiel de sept ans au Sénégal ravive les tensions politiques et interroge la solidité des institutions, malgré une Constitution verrouillant cette possibilité.

Un projet constitutionnel controversé

L’idée d’allonger la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, initialement écartée par une clause d’intangibilité dans la Constitution, refait surface au Sénégal. Des figures politiques et religieuses, dont des membres du parti Kiiray – Les Patriotes Républicains, défendent cette proposition, arguant de sa pertinence pour renforcer la stabilité du pays. Pourtant, cette initiative est vivement contestée par des acteurs de la société civile, qui y voient une menace directe pour la cohésion nationale et l’équilibre des institutions.

Le juriste Babacar Ba, coordonnateur du Forum du Justiciable, a qualifié ce débat de « malsain » et a appelé à des poursuites judiciaires contre ses promoteurs, les accusant de troubler l’ordre public. Ses propos reflètent l’ampleur des divisions suscitées par cette question, alors que les soutiens au septennat se multiplient, notamment au sein de l’opposition politique.

Les enjeux d’une révision constitutionnelle

Ce débat survient dans un contexte où la Constitution sénégalaise avait explicitement verrouillé toute modification des dispositions relatives à la durée et au nombre des mandats présidentiels. La clause d’intangibilité, conçue pour protéger la stabilité institutionnelle, est aujourd’hui remise en cause par des acteurs qui estiment que le pays a besoin d’une gouvernance plus longue pour assurer sa continuité.

Les partisans du septennat, comme Baye Mayoro Diop, directeur du CROUS de Bambey, ou le guide religieux Cheikh Ibrahima Diallo, justifient leur position par la nécessité de renforcer l’efficacité des politiques publiques. Cependant, leurs arguments se heurtent à une opposition ferme, qui craint une dérive autoritaire et une remise en cause des équilibres démocratiques. La société civile, en première ligne, dénonce une instrumentalisation politique de cette réforme, susceptible d’ébranler la confiance des citoyens dans les institutions.

Alors que le débat s’intensifie, la question reste entière : une révision constitutionnelle, même symbolique, peut-elle s’imposer sans risquer de fragiliser davantage le cadre institutionnel sénégalais ?

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