Sénégal : l'Assemblée nationale face à l'épreuve de la rupture et de la stabilité institutionnelle

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
Sénégal : l'Assemblée nationale face à l'épreuve de la rupture et de la stabilité institutionnelle

La session extraordinaire du Parlement sénégalais place la législature actuelle devant ses contradictions. Alors que le pays traverse des défis économiques et sociaux majeurs, la relation entre la majorité parlementaire et l'Exécutif semble marquée par une instabilité croissante, interrogeant la capacité des élus à concrétiser les promesses de transformation profonde portées par le « Projet ».

L'impératif de la rupture législative

L'attente populaire vis-à-vis de la nouvelle majorité était claire : déconstruire un système législatif hérité de 1960. Si le remplacement des hommes a été effectif, la réforme du corpus juridique, des procédures et des privilèges accumulés reste, selon les observateurs, largement inachevée. L'absence d'audit législatif ciblant les dispositions qui excluent les populations vulnérables, les femmes ou le secteur privé national, souligne un décalage entre les ambitions initiales et l'activité parlementaire réelle après deux années d'exercice.

Modernisation et exemplarité des élus

La crédibilité de l'Assemblée nationale repose également sur sa capacité à se doter de moyens intellectuels et humains à la hauteur des enjeux. Actuellement, le déséquilibre entre les experts accompagnant le gouvernement lors des débats budgétaires et l'isolement des députés limite la qualité des échanges. Une modernisation, passant par la création d'un corps d'experts dédié aux parlementaires et une gestion budgétaire plus sobre, permettrait de substituer le travail de fond aux affrontements physiques qui ont marqué l'hémicycle ces dernières années, ternissant l'image de l'institution.

Réformer le processus budgétaire

Le débat budgétaire, qui s'étend d'octobre à décembre, demeure une formalité routinière en raison du pouvoir d'amendement limité des députés. Pour transformer cette séquence en un véritable levier de politique publique, une articulation plus étroite entre le débat d'orientation budgétaire et l'élaboration de la loi de finances initiale est préconisée. Cette collaboration, fondée sur une intelligence partagée entre le Parlement et le Président de la République, permettrait d'intégrer les propositions des élus en amont, garantissant ainsi une loi de finances plus représentative des intérêts populaires et une efficacité accrue de l'action publique.

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