Sénégal : l'Assemblée nationale en session spéciale contre le pouvoir et ses alliés

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
Sénégal : l'Assemblée nationale en session spéciale contre le pouvoir et ses alliés

Une offensive parlementaire sans précédent vise le président Bassirou Diomaye Faye et son ministre du Pétrole, Abdourahmane Diouf. L’opposition, majoritaire à l’Assemblée, convoque une session extraordinaire lundi pour examiner des irrégularités présumées dans la gestion des fonds publics et des réformes constitutionnelles controversées.

Contexte et cibles privilégiées

La convocation d’une séance extraordinaire par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, marque un tournant dans les tensions entre l’exécutif et le législatif. Deux commissions d’enquête sont proposées : l’une sur la gestion du foncier et du domaine maritime, l’autre sur les cessions irrégulières d’immeubles de l’État. Ces dossiers s’ajoutent à l’examen des mécanismes financiers controversés, comme les TRS, et aux irrégularités dans le programme « Un étudiant, un ordinateur », lancé en 2017 avec un budget annuel d’environ six milliards de francs Cfa.

Le ministre du Pétrole, ancien titulaire du portefeuille de l’Enseignement supérieur, est directement visé par ces investigations. Son parcours ministériel le place au cœur des soupçons de détournement ou de mauvaise gestion, notamment dans le cadre du programme informatique. Par ailleurs, deux propositions de loi sont avancées : l’une pour encadrer les crédits spéciaux, l’autre pour modifier l’article 37 de la Constitution, exigeant désormais une déclaration publique de patrimoine pour le président fraîchement élu. Ces textes, perçus comme des outils de contrôle politique, ciblent explicitement le chef de l’État.

Réactions et enjeux politiques

L’opposition, regroupée autour du parti au pouvoir, dénonce une instrumentalisation des institutions à des fins partisanes. Elle évoque une « confiscation » de la représentation territoriale, pointant le ralliement de 306 maires à la majorité présidentielle, majoritairement issus de l’ancien parti au pouvoir. Ces critiques s’inscrivent dans un climat de défiance, où les scandales passés, comme celui lié à ASER et AEE Power EPC, resurgissent. Ce dernier, ayant privé d’électricité 1 600 villages et impliquant des flux financiers de 37 milliards de francs Cfa, est désormais entre les mains du Pool judiciaire financier, selon les autorités.

Les échanges entre les camps politiques révèlent une polarisation accrue. L’opposition accuse la majorité de sélectivité dans le traitement des affaires, tandis que cette dernière justifie ses actions par la nécessité de transparence. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour la crédibilité des institutions et l’équilibre des pouvoirs au Sénégal.

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