Sénégal : Lansar Auto conteste la légalité de la vente de ses véhicules par l'ONRAC

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 18 lectures
Sénégal : Lansar Auto conteste la légalité de la vente de ses véhicules par l'ONRAC

L'entreprise sénégalaise Lansar Auto conteste vivement la régularité de la vente de 27 véhicules par l'Office national de recouvrement des avoirs criminels (Onrac), suspectant qu'il s'agit de son propre parc saisi. Cette opération, annoncée par l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko pour un montant de 900 millions de francs CFA, intervient alors qu'aucun jugement définitif n'a encore été prononcé contre le directeur général de la société. La défense dénonce une procédure illégale et met en avant une importante créance que l'État détiendrait vis-à-vis de l'entreprise.

Les faits essentiels

Le conseiller juridique et fiscal de Lansar Auto, Gorgui Dia, a exprimé de graves inquiétudes concernant l'acquisition récente de véhicules annoncée par Ousmane Sonko. L'entreprise soupçonne que ces 27 voitures proviennent d'un lot de plus de 100 véhicules de luxe saisis par l'Onrac après l'arrestation de son directeur général, Mahmadane Sarr. Ce dernier a été placé sous mandat de dépôt le 13 janvier 2025 pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics, faux et usage de faux, ainsi que blanchiment de capitaux, suite à un signalement de la Centif via Coris Bank. Lansar Auto affirme détenir une créance globale de plus de 26,9 milliards de francs CFA sur l'État du Sénégal, dont 24,4 milliards de francs CFA imputables au seul ministère des Finances et du Budget, liée à des contrats réguliers de vente et de location de véhicules.

Pourquoi c'est important

Cette affaire met en lumière les tensions autour des procédures de saisie et de liquidation des avoirs avant qu'un procès n'ait établi la culpabilité des prévenus. Lansar Auto soutient que la vente de ses biens par l'Onrac est illégale en l'absence de jugement définitif. De plus, l'entreprise souligne un déséquilibre financier majeur : alors qu'elle est poursuivie pour détournement, elle affirme que l'État n'a subi aucun préjudice et n'a pas honoré ses propres engagements contractuels. Ce blocage a de lourdes répercussions économiques et sociales, l'entreprise ayant dû licencier 90 % de son personnel à la suite des saisies de véhicules et des réquisitions bancaires. Lansar Auto fait également face à des engagements non honorés de 6,8 milliards de francs CFA auprès de plusieurs institutions bancaires telles que la Société générale du Sénégal, Sunu Bank, Coris Bank et Alios Sénégal.

Ce qu'il faut surveiller

L'évolution de ce dossier dépendra de la clarification du statut des véhicules vendus et de la légitimité de l'action de l'Onrac en l'absence de condamnation judiciaire. La défense de Lansar Auto s'interroge sur le fait que seul Mahmadane Sarr soit poursuivi après plus de 600 jours de détention, alors que les contrats ont été validés par des agents de l'administration publique qui ne sont pas inquiétés. Il conviendra de suivre si les anciens responsables de l'administration financière cités dans le dossier seront entendus, et comment l'État compte répondre aux réclamations de paiement de la dette de 26,9 milliards de francs CFA, encadrée par une convention de reconnaissance de dette signée sous l'égide de l'Agent judiciaire de l'État avec des échéances courant jusqu'en juin 2026.

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