Le Premier ministre sénégalais Ahmadou Alamine Lô doit présenter sa déclaration de politique générale devant une Assemblée nationale dominée par le parti Pastef, où le risque d’une motion de censure plane. Cette échéance, fixée au 8 septembre, intervient dans un contexte économique tendu après la signature d’un accord technique avec le FMI, mais aussi sous la menace d’un blocage sur la gestion de la dette.
Une Assemblée nationale prête à sanctionner le gouvernement
L’exercice parlementaire du 8 septembre s’annonce périlleux pour le Premier ministre Lô. Les députés du parti Pastef, majoritaires à l’Assemblée, ont clairement indiqué qu’ils ne toléreraient pas une nouvelle figure que celle d’Ousmane Sonko à la primature. Une motion de censure pourrait être déposée dès lors qu’un dixième des parlementaires appuient la démarche, puis examinée en séance plénière. Ce mécanisme, rarement utilisé depuis l’indépendance du Sénégal, n’a abouti qu’une seule fois, en 1962, déclenchant une crise politique majeure.
L’accord FMI, un soulagement sous conditions
Le gouvernement a annoncé un accord technique avec le Fonds monétaire international, portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars. Cependant, cet accord reste conditionnel : il nécessite l’approbation du conseil d’administration du FMI et la mise en œuvre de mesures correctrices jugées « résolues » par la cheffe de mission, Mercedes Vera Martin. Pour le gouvernement, il s’agit d’un « plan de traitement de la dette », mais les députés Pastef ont déjà prévenu qu’ils s’opposeraient à toute restructuration non validée par eux. La manière dont Lô présentera ce dossier lors de sa déclaration sera donc cruciale pour éviter une motion de censure.
Un verrou constitutionnel qui limite les risques
Une commission parlementaire a adopté en 2026 un amendement limitant à deux le nombre de motions de censure par an. Bien que ce texte n’ait encore jamais été testé, il pourrait réduire la marge de manœuvre des opposants. Aucune motion n’a été engagée contre le gouvernement Lô jusqu’à présent, mais la déclaration de politique générale du 8 septembre constituera un premier test grandeur nature pour cette nouvelle règle. Le président Macky Sall dispose encore de huit jours pour modifier la date de l’échéance, mais le calendrier semble déjà fixé.