Un audit d'envergure est lancé au Sénégal pour évaluer la gestion de l'état-civil dans 74 communes, couvrant la période 2018-2025. L'objectif : garantir la fiabilité des registres et la qualité des services publics.
Contexte et méthodologie de l'audit
La Cour des comptes a initié une mission d'audit thématique sur la gestion de l'état-civil dans 74 communes du pays, couvrant les exercices 2018 à 2025. Cette démarche vise à vérifier la conformité des pratiques locales avec les exigences légales et réglementaires, tout en évaluant l'efficacité et la qualité des services rendus aux populations. L'institution s'appuie sur des contrôles antérieurs, puisque 59 des communes concernées ont déjà fait l'objet d'évaluations par ses soins. Les observations issues de ces premiers travaux seront intégrées à l'analyse en cours.
Parmi les collectivités sélectionnées, 15 ont été choisies en raison de risques identifiés et feront l'objet d'un examen approfondi, combinant analyse documentaire et vérifications sur le terrain. Les villes de Dakar et Rufisque, ainsi que des communes comme Fann-Point E-Amitié, Ouakam ou Touba Mosquée, figurent parmi les cibles prioritaires. La mission a été officiellement lancée à Rufisque en présence de responsables institutionnels, dont le président par intérim de la Chambre des Collectivités territoriales et le maire de la ville hôte.
Enjeux et perspectives pour le système d'état-civil
Cet audit s'inscrit dans un contexte plus large de modernisation des services publics au Sénégal. Depuis 2021, le programme « Nekkal » vise à renforcer le système d'information de l'état-civil et à consolider un fichier national d'identité biométrique, piloté par l'Agence nationale de l'état-civil (ANEC). L'évaluation en cours pourrait ainsi contribuer à identifier des dysfonctionnements persistants ou des marges de progression, notamment en matière de fiabilité des données et d'accessibilité des services pour les citoyens.
Les résultats de cette mission pourraient également éclairer les politiques publiques futures, en mettant en lumière les bonnes pratiques ou, à l'inverse, les lacunes à corriger. Pour les populations, l'enjeu est double : s'assurer que les actes d'état-civil (naissances, mariages, décès) sont enregistrés de manière systématique et sécurisée, tout en garantissant un service public efficient et à moindre coût. Les conclusions de l'audit pourraient ainsi servir de levier pour des réformes ciblées, renforçant la confiance dans les institutions et la transparence administrative.