Sénégal-Gambie : une commission mixte tente de résoudre un litige frontalier vieux de 135 ans

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 44 lectures
Sénégal-Gambie : une commission mixte tente de résoudre un litige frontalier vieux de 135 ans

Une frontière coloniale à l’origine de tensions récurrentes entre le Sénégal et la Gambie menace de dégénérer en crise diplomatique. Une commission mixte, créée pour clarifier le tracé contesté, tente désormais de trouver une issue durable.

Un tracé colonial source de conflits persistants

Le différend entre Dakar et Banjul plonge ses racines dans un héritage colonial : le tracé de la frontière, établi en 1889 par les puissances européennes, reste flou et contesté. Les empiètements de part et d’autre, notamment à Bullock dans le sud-ouest gambien, ont failli provoquer une escalade en juillet dernier, lorsque l’armée sénégalaise a démoli un muret érigé par les autorités gambiennes.

Des agriculteurs pris en étau entre deux souverainetés

La crise a révélé une réalité complexe : des centaines d’agriculteurs gambiens cultivent depuis des décennies des terres situées en territoire sénégalais, dans le cadre d’un accord tacite. Le ministre gambien de l’Information, Ismaila Ceesay, a confirmé que la majorité de ces exploitants travaillaient sur des parcelles sénégalaises, sans que leur statut ne soit jamais formalisé. Après des consultations urgentes, les deux pays ont autorisé ces agriculteurs à regagner leurs exploitations, évitant ainsi une crise humanitaire locale.

Une commission mixte pour désamorcer les tensions

Face à l’urgence, une commission sénégalo-gambienne a été mise en place pour examiner les empiètements signalés et proposer une cartographie précise de la frontière. Le président gambien Adama Barrow a salué les « avancées » enregistrées dans les négociations, sans pour autant préciser les modalités concrètes de résolution. La tâche s’annonce ardue : il s’agit non seulement de clarifier un tracé vieux de 135 ans, mais aussi de concilier les intérêts des populations locales avec les exigences de souveraineté des deux États.

Vers une solution durable ou un statu quo prolongé ?

Les prochaines étapes dépendront de la capacité des deux pays à trouver un compromis acceptable pour les agriculteurs, dont les moyens de subsistance sont directement menacés. Une issue pacifique éviterait une nouvelle escalade, mais le risque d’un statu quo prolongé, avec ses lots de tensions récurrentes, n’est pas écarté. La communauté internationale, notamment les organisations régionales africaines, pourrait jouer un rôle de médiation si les négociations s’enlisent.

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