Un accord bilatéral met fin aux tensions nées d’un incident frontalier et relance les opérations de bornage pour sécuriser durablement la démarcation entre le Sénégal et la Gambie.
Contexte et faits marquants
Les relations entre le Sénégal et la Gambie, déjà marquées par des litiges frontaliers récurrents, ont connu une nouvelle escalade début juillet après un incident survenu près de Bullock, dans le sud-ouest gambien. Des soldats sénégalais ont démoli un mur de clôture d’un poste militaire gambien, une action qualifiée de « provocatrice » par Banjul, tandis que Dakar évoquait des empiétements sur son territoire. Ces tensions, rapidement désamorcées par un accord conclu le 29 juillet, illustrent la fragilité des frontières africaines, souvent héritées de la colonisation et sujettes à des interprétations divergentes.
Pour éviter de nouveaux conflits, les deux pays ont convenu de relancer, à partir du 15 août, des opérations conjointes de bornage et de matérialisation de leur frontière. L’objectif est double : densifier les bornes existantes, notamment dans les zones où elles ont disparu ou sont insuffisantes, et clarifier la position exacte du camp militaire de Bullock, dont l’implantation reste contestée. Ces travaux, initialement lancés en juin, avaient été suspendus en raison d’un retard dans la formation des experts gambiens, soulignant les défis logistiques et humains d’une telle entreprise.
Enjeux et perspectives
Au-delà de l’apaisement immédiat, cet accord s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération régionale. Depuis 2015, le Sénégal et la Gambie se sont engagés à finaliser la démarcation de leur frontière, un processus réaffirmé lors d’un Conseil présidentiel en juin. La densification des bornes et la sensibilisation des populations frontalières, notamment les agriculteurs dont les exploitations chevauchent parfois la zone tampon, visent à prévenir les conflits d’usage et à renforcer la confiance mutuelle. Les autorités espèrent achever ces travaux d’ici septembre, une échéance ambitieuse mais nécessaire pour sécuriser durablement les 740 kilomètres de frontière commune.
Cet épisode rappelle l’importance des mécanismes diplomatiques dans la gestion des litiges territoriaux en Afrique. En privilégiant le dialogue plutôt que l’escalade, Dakar et Banjul montrent que les différends frontaliers, bien que récurrents, peuvent trouver des solutions pacifiques. La réussite de ce processus pourrait servir de modèle pour d’autres pays du continent confrontés à des défis similaires, renforçant ainsi la stabilité sous-régionale.