Les douanes sénégalaises et américaines ont officialisé, le 1er septembre 2026 à Dakar, la mise en œuvre d’un programme d’échange de données électroniques sur le fret international. Objectif affiché : mieux repérer les cargaisons suspectes et contrer la criminalité transnationale organisée, dont les méthodes se sophistiquent.
Le FECDEP, colonne vertébrale du dispositif
Réunis à la Salle de conférence Mouhamadou Makhtar Cissé de la Direction générale des Douanes, la Direction générale des Douanes sénégalaises et une délégation du Customs and Border Protection (CBP) des États-Unis ont détaillé les contours du Foreign Electronic Cargo Data Exchange Program (FECDEP). Ce mécanisme doit permettre aux deux administrations de partager, en temps quasi réel, les informations relatives aux marchandises transportées à l’échelle internationale, qu’elles arrivent au Sénégal ou qu’elles transitent vers les États-Unis. Le programme vise à renforcer l’identification, l’évaluation et le suivi conjoint des risques liés aux moyens de transport de marchandises.
Une réponse à des réseaux criminels plus agiles
Pour les deux douanes, l’échange électronique n’est pas une fin en soi : il s’agit d’un levier pour anticiper les menaces pesant sur les frontières et les chaînes d’approvisionnement. La réunion a mis en avant l’évolution constante des échanges commerciaux et la sophistication croissante des réseaux de trafic illicite, qui imposent de passer d’un contrôle ponctuel à une analyse partagée des flux. L’enjeu, pour Dakar et Washington, est de gagner en réactivité sur des cargaisons qui, jusqu'ici, pouvaient circuler sans déclencher de signaux d’alerte communs.
Une coopération bilatérale ancienne, mais élargie
Le FECDEP ne part pas de zéro : il s’appuie sur l’Accord d’assistance mutuelle en matière douanière signé en 2015 entre le Sénégal et les États-Unis. Ce cadre bilatéral fournit la base juridique et opérationnelle des nouveaux échanges de données. En l’activant, les deux pays entendent donner une place accrue au partage d’informations et à l’analyse de données dans la sécurisation du fret et la lutte contre les réseaux criminels transfrontaliers, consolidant ainsi une coopération qui ne se limite plus aux seules opérations de terrain. La suite dépendra, en pratique, du rythme auquel les flux d’informations seront effectivement croisés entre les deux administrations.