La commission mixte sénégalo-gambienne a finalisé la première phase de démarcation de la frontière séparant les deux nations, couvrant un tronçon de 30 kilomètres. Cette opération vise à moderniser un tracé hérité de l'ère coloniale, désormais matérialisé par des bornes permanentes pour garantir une meilleure lisibilité géographique et sécuritaire.
Une modernisation nécessaire du tracé frontalier
L'opération, qui s'est étendue sur six semaines, a permis de réaffirmer les limites héritées des administrations britannique et française entre 1889 et 1905. Le travail des équipes techniques a consisté à relever des coordonnées géographiques précises et à implanter de nouvelles bornes. Selon Hassoum Ceesay, directeur général du Centre national des arts et de la culture (NCAC) et membre du groupe de travail, cette démarche répond à un impératif de sécurisation et de modernisation de la frontière internationale, rendant le tracé plus identifiable pour les deux États.
Le défi des repères naturels obsolètes
La délimitation historique reposait largement sur des éléments naturels tels que des arbres, des étangs, des « bolongs » ou des sentiers, dont la pérennité n'était pas garantie. Au fil des décennies, la disparition de ces repères — arbres déracinés par les tempêtes ou assèchement des points d'eau — a complexifié l'identification des limites territoriales. Si des bornes en béton avaient été installées dès 1904-1905, leur insuffisance face aux évolutions environnementales a rendu nécessaire cette nouvelle intervention technique.
Neuf accords pour une gestion durable
À l'issue de cette phase initiale, la Commission mixte a formalisé neuf accords encadrant les travaux de démarcation. Chaque borne, qu'elle soit réaffirmée ou nouvellement implantée, bénéficie désormais d'une fiche descriptive et d'une documentation technique détaillée. Ce dispositif vise à assurer un suivi rigoureux et une reconnaissance officielle du tracé. Avec l'achèvement de ce premier segment reliant Dimbaya à Foni, via Kombo et Kanao, les autorités sénégalaises et gambiennes s'engagent dans la poursuite du processus pour couvrir l'ensemble de la frontière commune.