Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a engagé l’État dans une démarche diplomatique majeure en soutenant officiellement la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU. Cette initiative, annoncée après une rencontre au Palais de la République, marque un tournant dans la recomposition du paysage politique sénégalais à l’approche des échéances électorales de 2027 et 2029.
Le gouvernement et le réseau diplomatique du pays ont été chargés de porter cette candidature, présentée comme celle du Sénégal au service de l’Afrique. Macky Sall, déjà soutenu par le Burundi, a participé à un dialogue interactif organisé par l’Assemblée générale en avril. Son intervention publique du 23 juillet intervient avant une étape décisive au Conseil de sécurité, où les quinze membres évalueront les prétendants avant une recommandation finale à l’Assemblée générale. Les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto susceptible d’influencer le processus.
Cette stratégie diplomatique permet à Diomaye Faye de renforcer la crédibilité internationale de l’ancien président et d’afficher une posture de rassemblement. Le Chef de l’État place ainsi l’intérêt diplomatique du pays au-dessus des tensions politiques héritées de l’alternance de 2024, marquant une volonté de dépasser les clivages pour servir les priorités nationales.
Une recomposition politique en marche
Le rapprochement entre les deux figures intervient à quelques jours de l’Assemblée constitutive de Diomaye Président, un nouveau parti destiné à devenir une force politique majeure. Cette formation vise à donner au Chef de l’État une base politique autonome après sa rupture avec Ousmane Sonko, toujours à la tête du Pastef et détenteur d’une large majorité parlementaire.
Le nouveau parti pourrait attirer des cadres, des élus locaux et des réseaux issus de l’APR, du PDS et d’autres formations affaiblies depuis 2024. Le soutien apporté à Macky Sall crée une convergence d’intérêts, même si aucun pacte politique formel n’a encore été officialisé. Le rapport de force se joue désormais sur la majorité parlementaire et la présidentielle de 2029, avec une dissolution possible de l’Assemblée à partir de décembre 2026, ouvrant la voie à des élections anticipées début 2027.
Pour Diomaye Faye, l’enjeu est de construire des relais territoriaux capables de rivaliser avec l’appareil militant de Sonko. L’affaire Macky Sall dépasse ainsi le cadre de la compétition onusienne : elle inaugure une recomposition politique appelée à redéfinir durablement les équilibres du pouvoir au Sénégal dans les années à venir.