Sénégal : des zones d'ombre majeures entourent le financement du programme « Un étudiant, un ordinateur »

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
Sénégal : des zones d'ombre majeures entourent le financement du programme « Un étudiant, un ordinateur »

La commission d'enquête parlementaire sénégalaise, chargée de faire la lumière sur le programme « Un étudiant, un ordinateur », a révélé des pratiques de gestion préoccupantes au sein du ministère de l'Enseignement supérieur. Les auditions des fournisseurs ont mis en exergue des procédures de paiement opaques et l'absence de contrats formels pour des transactions se chiffrant en milliards de francs CFA.

L'aveu d'un paiement sans contrat chez Reel It Sénégal

L'audition de Mandiol Ngom, ancien directeur général de Reel It Sénégal, a constitué un moment fort des travaux parlementaires. L'entreprise a perçu un virement total de 1,446 milliard de FCFA de la part du Trésor public sans qu'aucun contrat ne soit venu justifier cette opération. M. Ngom a admis devant les députés ne disposer d'aucun document contractuel avec la Direction générale de l'enseignement supérieur (Dges) ou la Direction du financement de l'enseignement supérieur (Dfes). Pour obtenir ces fonds, l'entreprise a utilisé une convention obsolète datant de 2023, année où elle n'avait pourtant pas remporté le marché, en s'appuyant sur une simple « démarche commerciale ».

Des créances contestées et des livraisons en suspens

Les autres fournisseurs entendus par la commission ont également exposé des situations complexes. Fatou Seck, à la tête d'Oumou Group, a réclamé le paiement d'un reliquat de 500 millions de FCFA, correspondant à une partie des 20 000 ordinateurs livrés dans le cadre du programme. De son côté, Makébé Kébé, directeur général de Campus International, a fait état d'un marché de 5 000 ordinateurs remporté en 2025, dont la livraison n'a jamais été effectuée malgré ses multiples relances auprès des autorités ministérielles. Ces témoignages illustrent une gestion administrative marquée par des ruptures de communication et une instabilité dans l'exécution des engagements publics.

Vers une clarification des procédures de passation

Si les fournisseurs affirment avoir répondu à des appels à manifestation d'intérêt publiés dans la presse, les modalités réelles de sélection et de paiement soulèvent des questions sur le respect des règles de passation des marchés publics. Les députés ont exigé la transmission de l'ensemble des documents justificatifs, notamment les bordereaux de livraison et les conventions de partenariat. Cette phase d'investigation parlementaire vise désormais à déterminer les responsabilités au sein des directions ministérielles impliquées dans le pilotage de ce programme, dont l'objectif initial était de favoriser l'inclusion numérique des étudiants sénégalais.

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