Le débat sur les violences politiques enregistrées au Sénégal entre 2021 et 2024 s’intensifie avec une nouvelle intervention du député-maire de Mbao, Abdou Karim Sall. Dans une publication diffusée sur Facebook, il rejette l’idée d’une responsabilité exclusivement imputable à l’ancien chef de l’État, Macky Sall, dans les événements ayant causé des pertes humaines, matérielles et la destruction d’infrastructures.
Selon le texte source, Abdou Karim Sall dénonce une « malhonnêteté intellectuelle » et une « manipulation politique » consistant à présenter Macky Sall comme l’unique responsable des violences. Pour lui, cette approche occulterait une partie des faits et des responsabilités. Il insiste sur la nécessité d’une enquête exhaustive pour identifier non seulement les auteurs directs, mais aussi les éventuels commanditaires des troubles.
Le député-maire de Mbao interpelle directement le parti au pouvoir, PASTEF, qui réclame régulièrement justice pour les personnes présentées comme des « martyrs » des manifestations et troubles politiques de ces dernières années. Selon lui, PASTEF dispose désormais des moyens institutionnels et politiques pour permettre l’ouverture complète de ces dossiers, notamment grâce à sa majorité parlementaire. Il souligne que le parti ne peut plus se contenter de réclamer justice sans agir concrètement pour lever les obstacles juridiques.
Abdou Karim Sall propose l’abrogation de la loi d’amnistie comme solution pour établir toutes les responsabilités. Il estime qu’une telle mesure permettrait d’identifier les « véritables coupables et commanditaires » et de faire la lumière sur l’ensemble des événements tragiques ayant marqué le pays. Pour lui, la vérité ne doit pas être recherchée de manière sélective, mais de manière exhaustive, quelles que soient les identités des personnes ou des organisations mises en cause.
Dans sa publication, intitulée « De qui se moque-t-on ? », il s’interroge directement : « De quoi PASTEF a-t-il peur pour ne pas abroger la loi d’amnistie ? » Il évoque la majorité de 130 députés dont bénéficie le parti au pouvoir, qualifiée de « majorité mécanique », pour souligner ce qu’il considère comme une contradiction entre son discours en faveur de la justice et son inaction législative.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte marqué par les discussions suscitées à la veille de la visite de l’ancien chef de l’État au Sénégal. Elle apparaît également comme une réponse politique aux accusations formulées contre l’ancien régime concernant la gestion des manifestations et des affrontements enregistrés durant cette période.
Enfin, Abdou Karim Sall présente ses condoléances à la famille de Djiby Mbaye, ancien détenu récemment décédé, et formule des prières pour le défunt.