Séminaire Spartacus : quand le dépassement de soi cache des dérives sectaires potentielles

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 10 lectures
Séminaire Spartacus : quand le dépassement de soi cache des dérives sectaires potentielles

Un séminaire de coaching à 1 000 euros, entre épreuves spectaculaires et controverses sur les méthodes de développement personnel. Marine, 21 ans, auto-entrepreneuse dans le bien-être, témoigne de son expérience au séminaire Spartacus organisé par Michel Destruel à Toulouse. Entre immersion collective, épreuves physiques et psychologiques, et un tarif élevé, ce type de formation interroge sur ses dérives potentielles, notamment en matière d’emprise sectaire.

Une immersion totale à 3 000 participants et 1 000 euros

Marine, 21 ans, a participé au séminaire Spartacus en juin à Toulouse, un événement organisé par Michel Destruel, ancien sportif de haut niveau reconverti en coach en marketing de réseau. Pour s’inscrire, elle a déboursé 1 000 euros, hors frais de logement et de restauration. "C’est un investissement", justifie-t-elle, convaincue que les connaissances acquises lui seront utiles dans les mois à venir. Le séminaire, qui rassemble plus de 3 000 participants, se déroule sur quatre jours d’immersion totale, avec une ambiance énergétique marquée par de la musique à fond et des danses collectives dès 8h30 du matin.

Des épreuves extrêmes glorifiées, mais pas obligatoires

Parmi les moments forts du séminaire, Marine évoque la marche sur des braises et le brisement de flèches avec le cou, des épreuves filmées et largement diffusées sur les réseaux sociaux. Pour elle, ces exercices symbolisent un dépassement de soi, bien que personne ne soit contraint de les réaliser. "Personne n’est obligée de le faire. Mais moi, je me suis sentie grandie, évoluée, et aussi très émue", confie-t-elle, les larmes aux yeux après avoir franchi l’épreuve. Marine rejette les comparaisons avec le film *Gourou*, soulignant que Michel Destruel n’est pas un gourou et que l’ambiance reste bienveillante.

L’injonction à agir : un mécanisme d’emprise dénoncé

Florent Mercadier, président de l’ADFI (Association pour la défense des familles et de l’individu victimes de phénomènes sectaires), met en garde contre les mécanismes d’emprise présents dans ce type de séminaires. Selon lui, la valorisation excessive de la pratique et la promesse de résultats immédiats créent une "injonction à agir" quasi indispensable pour les participants. "Le fait de passer l’épreuve devient quasiment obligatoire, car c’est vendu comme la preuve que la méthode fonctionne", explique-t-il. Ces pratiques, similaires à celles dénoncées dans le bizutage étudiant, peuvent avoir des conséquences psychologiques graves pour ceux qui échouent, notamment une humiliation publique et un impact sur l’estime de soi.

Un produit d’appel pour des dérives futures

Pour Florent Mercadier, les séminaires comme Spartacus ne sont souvent qu’un "produit d’appel". Après cette première immersion, les participants les plus investis sont repérés et ciblés pour des stages ultérieurs, plus coûteux et potentiellement plus dangereux. "Le stage t’a plu, ça serait bien que tu reviennes car on a fait ça pour les débutants, et toi tu as un fort potentiel", illustre-t-il. L’ADFI a reçu plusieurs signalements concernant Michel Destruel, mais aucune plainte judiciaire n’a été déposée à ce jour. Contacté, ce dernier n’a pas répondu aux sollicitations.

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