Une étude menée à l'Université libre du Burkina (ULB) apporte un éclairage scientifique sur les leviers de changement de comportement des usagers de la route. En analysant les actions de l'association « Zéro goutte de sang sur la route » entre 2024 et 2025, Dabongné Hanifa Bénazir Koussoubé démontre que la complémentarité entre outils numériques et présence sur le terrain est déterminante pour la sécurité publique.
L'efficacité des campagnes de sensibilisation
Le travail de recherche, récompensé par une mention très bien, s'est appuyé sur une méthodologie mixte combinant 252 questionnaires et des entretiens qualitatifs. Les résultats indiquent que 95 % des personnes exposées aux messages de l'association déclarent avoir modifié leur comportement en circulation. Cette étude confirme que la communication ne se limite pas à une simple diffusion d'informations, mais constitue un outil de prévention des risques d'accidents lorsqu'elle est correctement ciblée.
La complémentarité entre numérique et terrain
L'un des enseignements majeurs de ce mémoire réside dans l'articulation des supports. Si le numérique permet une large diffusion, les actions de proximité restent indispensables pour instaurer un contact direct et favoriser une meilleure appropriation des messages. Toutefois, l'impétrante souligne des marges de progression : pour accroître leur impact, les campagnes de sensibilisation doivent désormais mieux s'adapter aux spécificités linguistiques et territoriales des différents publics, afin de toucher des usagers moins accessibles.
Un levier pour les politiques de sécurité routière
Le jury, présidé par le sociologue et anthropologue Roger Zerbo, a salué la pertinence de cette approche qui interroge l'adéquation entre les outils de communication et les objectifs de changement social. Pour l'association « Zéro goutte de sang sur la route », ce mémoire fait office de diagnostic stratégique. Son président, Moumouni Koudougou, entend s'approprier ces recommandations pour affiner ses futures interventions. Au-delà de cette organisation, les conclusions de cette recherche offrent des perspectives exploitables par les acteurs étatiques et les autres organisations de la société civile engagées dans la réduction de l'insécurité routière au Burkina Faso.