L'inauguration du pont Nelson Mandela en mars 2022 a marqué un tournant majeur pour le désenclavement du département de Foundiougne. Toutefois, la configuration technique de l'accès à la ville, située à l'extrémité de l'ouvrage, engendre une insécurité routière préoccupante avec 19 accidents enregistrés, dont un drame mortel impliquant une adolescente de 15 ans.
Une configuration géographique accidentogène
Le pont Nelson Mandela, long de 1,6 km, constitue un levier économique et social essentiel pour la région. Cependant, la topographie du site pose un défi sécuritaire immédiat : à la sortie de l'ouvrage, les véhicules abordent une pente légère avant d'atteindre le rond-point d'entrée de ville. Cette inclinaison, couplée à une vitesse parfois excessive des poids lourds, favorise les pertes de contrôle. Selon les autorités locales, ces incidents ont non seulement causé des pertes humaines, mais ont également entraîné des dégâts matériels récurrents sur les infrastructures riveraines.
Interventions immédiates et mesures correctives
Face à la multiplication des accidents, le préfet Jean-Paul Ndour a mobilisé les services techniques pour une évaluation d'urgence. Les premières actions, déployées par la Société nationale Autoroutes du Sénégal (SA), ont consisté en un repositionnement des glissières en béton armé (GBA) afin de créer un couloir sécurisé pour les piétons. Ces aménagements, réalisés en 48 heures, visent à limiter les risques de collision directe dans les zones les plus exposées.
Vers une réflexion sur la pérennité des infrastructures
Au-delà des mesures d'urgence, le plan d'action prévoit l'installation de bandes rugueuses en amont du giratoire et une amélioration de la signalisation lumineuse et de la visibilité globale du carrefour. Des campagnes de sensibilisation auprès des usagers sont également prévues. Néanmoins, la question d'une refonte structurelle reste posée. Des acteurs locaux, dont le comité de suivi de la sécurité du pont, préconisent un audit exhaustif par le ministère de tutelle et la Direction des arts et ouvrages. L'idée d'un déplacement du rond-point de 100 à 150 mètres est avancée comme une piste potentielle pour garantir la sécurité durable de cet ouvrage de référence, dont le coût de construction s'élève à environ 40 milliards de FCFA.