La production d’oignons au Maroc est gravement menacée par une vague de chaleur persistante et une raréfaction des ressources en eau, alors que la récolte est attendue dans les prochaines semaines. Les agriculteurs de plusieurs régions, notamment Fès-Meknès et l’Oriental, alertent sur des pertes de rendement déjà constatées, tandis que les prix de vente ne couvrent pas les coûts de production.
Un secteur agricole sous pression climatique
Les températures élevées enregistrées depuis juillet, dépassant régulièrement les 32 °C, ont directement affecté les cultures d’oignons dans des zones clés comme El Hajeb, Sefrou, Bouderbala, El M’haya, Aïn Leuh et Agouraï, ainsi que dans certaines localités de l’Oriental comme Guercif. Les agriculteurs soulignent que le plant d’oignon, particulièrement sensible à la chaleur, subit des dommages irréversibles avant même la récolte, prévue en septembre. Les opérations de séchage et de stockage risquent d’aggraver les pertes, obligeant les producteurs à écouler rapidement leurs stocks pour limiter les dégâts.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de stress hydrique chronique, aggravé par les épisodes de sécheresse récurrents et les effets du changement climatique. Le secteur agricole marocain, déjà fragilisé, doit désormais composer avec des aléas climatiques de plus en plus fréquents, mettant en péril la sécurité alimentaire et la stabilité économique des exploitations.
Prix de vente insuffisants et rentabilité en question
Face à la baisse des rendements, les agriculteurs dénoncent des prix de vente largement insuffisants pour couvrir leurs coûts de production. Avec un tarif avoisinant 2 dirhams le kilogramme, les professionnels estiment que les revenus ne permettent pas de compenser les pertes liées aux conditions climatiques. Ils réclament un prix compris entre 4 et 5 dirhams le kilogramme pour assurer la viabilité de leurs exploitations.
Malgré ces difficultés, certains acteurs du secteur restent optimistes quant à l’approvisionnement du marché national. Les stocks d’oignons verts, récoltés au printemps dans différentes régions, pourraient atténuer l’impact de la baisse de production sur l’offre. Cependant, cette solution temporaire ne résout pas les défis structurels auxquels fait face l’agriculture marocaine, notamment la gestion de l’eau et l’adaptation aux nouvelles normes climatiques.