Sebta : un rapport pointe des discriminations croissantes et une stigmatisation des migrants

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 21 lectures
Sebta : un rapport pointe des discriminations croissantes et une stigmatisation des migrants

Un rapport conjoint du Conseil civil de lutte contre toutes les formes de discrimination et de l’Institut Prometheus pour la démocratie et les droits humains alerte sur la dégradation du climat social à Sebta. Le document met en lumière des pratiques discriminatoires persistantes et une montée préoccupante des discours de haine visant les personnes migrantes dans l'enclave espagnole.

Exigences de transparence dans les centres d'accueil

Si le transfert des migrants depuis la plage du Trampoline vers des structures comme Loma Margarita ou Loma Colmenar est salué comme une avancée, le rapport souligne des lacunes majeures. Les auteurs réclament des garanties concrètes en matière d'hébergement, d'accès aux soins et de protection des personnes vulnérables. Surtout, ils exigent la publication de données agrégées et anonymisées sur les personnes transférées, incluant leur âge, leur nationalité et leurs besoins spécifiques, afin de permettre un suivi indépendant de la qualité de l'accueil.

Discriminations et atteintes à la vie privée

Le rapport documente des restrictions d'accès à certains commerces pour des personnes d'origine marocaine, soulignant la nécessité de distinguer les mesures de sécurité légitimes des pratiques discriminatoires fondées sur l'origine. Par ailleurs, l'organisation s'inquiète de la stigmatisation numérique, citant le cas d'une jeune migrante dont la vie privée a été exposée sur les réseaux sociaux. Cette pratique, visant à discréditer la légitimité de son parcours migratoire en scrutant ses conditions de vie antérieures, est dénoncée comme une forme de « condamnation sociale » dangereuse.

Critères d'identification des dépouilles

Le document soulève également des interrogations sur les méthodes employées par les autorités pour déterminer la religion des personnes décédées durant la crise migratoire. Le Conseil critique l'opacité entourant ces procédures et rappelle que des éléments comme la circoncision ne peuvent constituer un critère absolu ou universel. Il appelle les autorités à fonder les rites funéraires sur des éléments probants, tout en respectant scrupuleusement l'identité et les convictions des défunts.

Lutte contre la rhétorique anti-migrants

Enfin, le rapport met en garde contre la prolifération de discours déshumanisants sur les réseaux sociaux, qui présentent la migration comme une menace pour la société d'accueil. Les auteurs insistent sur la dangerosité de l'usage prématuré du terme « migrant économique », une catégorie qui n'existe pas en droit international et qui préjuge du droit à la protection. Le Conseil exhorte les médias et le public à privilégier une approche factuelle, capable de rendre compte de la complexité des parcours migratoires sans céder à la stigmatisation.

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